Auteur : Philippe Crocq | Jean Mareska
Date de saisie : 02/10/2008
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Alphée-Jean-Paul Bertrand, Monaco, France
Collection : Les couples mythiques
Prix : 19.90 € / 130.54 F
ISBN : 978-2-7538-0332-9
GENCOD : 9782753803329
Sorti le : 02/10/2008
«Je pensais vivre un mélodrame qui se terminerait bien disait Gainsbourg. Je n'avais pas l'habitude des séparations. Je m'étais éloigné des autres dans une fausse gravité pour ne pas faire de peine, mais je m'en foutais...
Avec Brigitte, ce fut une opération sans anesthésie. On allait me couper le coeur avec les dents».
Ni drame, ni comédie, l'histoire de Brigitte Bardot et de Serge Gainsbourg fut passion. «Summer of Love, Autumn Leaves», une passion qui dure le temps d'un été des fleurs, s'épanouit jusqu'à l'automne et puis se fane.
Immortalisé par les chansons d'amour qu'il lui écrira, ce feu follet se transformera en une flamme éternelle. Initiales BB deviendra le titre du livre-souvenirs de Brigitte.
De nombreux ouvrages leur sont consacrés séparément, mais aucun ne raconte la vie flamboyante de ce couple mythique. Des semaines plus intenses que des vies entières.
Philippe Crocq est journaliste, auteur de romans et de nombreuses biographies. Etienne Roda-Gil, Le maître enchanteur (Flammarion 2005), Joe Dassin, le triomphe et le tourment (Le Rocher 2005), Yves Montand, le temps n'efface rien (Albin Michel 2006).
Jean Mareska, producteur, éditeur de musique fut aussi le directeur artistique de Jean-Jacques Goldman et Gilbert Bécaud, entre autres. Avec Philippe Crocq, il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont La vie pas toujours rose d'Edith Piaf (Le Rocher 200/), Julio Iglesias, le dernier Conquistador (Alphée 200/) et Frank Sinatra, Entre chiennes et loups (Alphée 2008).
Volutes à la «Closerie»
Cela devait se passer au milieu de l'année 90. Je n'ai jamais eu la mémoire des chiffres, celle des lettres plutôt.
Toutefois, ce n'était pas l'hiver où l'on gèle ni l'été où l'on transpire, plutôt une période charnière où la conjoncture générale du temps, comme l'écrivait Thierry Séchan, nous obligeait à prendre un verre à la «Closerie des Lilas».
Avec un ami, nous sommes passés, comme convenu, prendre Roda-Gil dans son hôtel demi-particulier, le rez-de-chaussée appartenant à un comédien devenu célèbre grâce au film de Jacques Becker Rendez-vous de juillet.
Etienne nous attendait dans la rue, étonnement ponctuel.
Arrivés à la «Closerie», un garçon nous avertit :
- Il y a M. Gainsbourg derrière une colonne.
- Qu'est-ce qu'il fout là, ce n'est pas son quartier ! dira Roda.
- Il fume et il boit.
- Ah ! tiens donc ! dira l'ami.
Effectivement, s'échappaient d'un recoin des volutes bleues.
- Il est seul ?
- Oui M. Etienne.
- On se casse.
- Il y a d'autres coins tranquilles M. Etienne.
On resta.
Il existait une certaine bouderie entre Roda et Gainsbourg depuis le mélodrame Vanessa.
La jeune interprète avait à quatorze ans et quelques mois chanté «Joe le taxi», écrite en vingt minutes par le Catalan, puis un album enfanté dans la douleur où se mêlaient l'histoire de Manolete, celle de James Dean avec celle de Marilyn et John. Il se vendit à hauteur de l'or. La galette aurait pu lui ouvrir l'appétit, en vouloir plus. Oui mais elle la demanda à un autre sorcier.
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