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Deux fois vingt ans, Israël. Suivi de Vingt ans après

Couverture du livre Deux fois vingt ans, Israël. Suivi de Vingt ans après

Auteur : Claude Klein

Date de saisie : 18/09/2008

Genre : Politique

Editeur : Félin, Paris, France

Collection : Le Félin Poche

Prix : 12.00 € / 78.71 F

ISBN : 978-2-86645-679-5

GENCOD : 9782866456795

Sorti le : 11/09/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Claude Klein est né en France où il a fait ses études de droit. Installé en Israël depuis 1968, il est profes­seur à la Faculté de droit de l'Université hébraïque de Jérusalem. En 1990, dans son texte Deux fois vingt ans, Israël, il avait donné une analyse de la société israélienne, de ses tensions ainsi que du conflit, avec en toile de fond son propre itinéraire. Ce texte est repris aujourd'hui dans une édition de poche, accompagné d'une préface et d'une importante post-face, qui se penche sur les (presque) vingt années depuis la première édition, au moment où l'Etat d'Israël célèbre ses soixante premières années. Au cours de ces années agitées, Israël a connu les Scud irakiens lors de la première guerre du Golfe, l'élection de Rabin et les accords d'Oslo, l'assassinat de Rabin, la deuxième Intifada et le terrorisme aveugle des kamikazes palestiniens, le retrait du Liban puis la deuxième guerre du Liban...

Ces années de feu et de sang sont présentées dans la postface. L'auteur s'y livre à une méditation sur le sort de cette extraordinaire tentative que représente la renaissance d'un État juif.

Professeur de droit à l'université hébraïque de Jérusalem, Claude Klein, a publié une nouvelle traduction de L'Etat des juifs de Theodor Herzl suivie d'un Essai sur le sionisme (La Découverte, 1990). En 2003, il est également l'auteur de La démocratie d'Israël (Seuil, 1997) et Weimar (Flammarion. 2007).





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

Je porte ce livre en moi depuis plus de vingt ans. Très précisément depuis ce 29 août 1968, lorsque a commencé pour moi l'aventure israélienne. Depuis que j'ai rejoint ceux qui ont essayé, dans l'enthousiasme d'abord, avec acharnement ensuite, désespérément enfin, de réaliser le rêve fou de la restauration d'un Etat pour les Juifs. Vingt ans de joies, de peines et parfois aussi de déceptions. Et aujourd'hui c'est un peu l'heure du bilan de cette entreprise. Bilan personnel, mais aussi bilan global. Où en est Israël, mais aussi où en suis-je, moi, d'Israël ?
Car voici qu'Israël a passé le cap de la quarantaine et se trouve plongé dans une crise qui est assurément la plus grave de sa courte et tumultueuse existence. Le pays n'est-il pas littéralement à feu et à sang ? Et pourtant, malgré cela, la vie continue dans sa quotidienneté : une quotidienneté qui ici n'est jamais morose ou ennuyeuse. Ce qui m'inquiète aujourd'hui, c'est précisément que la majorité des Israéliens est bien loin de manifester - tout au moins ouvertement -une inquiétude particulière. À mes interrogations il est répondu évasivement. Ceux qui sont nés en Israël, ceux qui sont nés avant même la création de l'Etat ont, à l'adresse du nouvel immigrant que l'on reste toujours pour peu que l'on soit venu après 1948, un discours quelque peu condescendant.
«Nous avons connu pire», me dit-on. En 1929, au moment du massacre des Juifs de Hébron. En 1936, lors de la grande révolte des Palestiniens qui dura plus de six mois et qui s'acheva sans résultat pour les Arabes, discrédités par des querelles internes. Ensuite durant la Seconde Guerre mondiale, alors que les Allemands avan­çaient en Afrique du Nord et n'avaient pas encore été arrêtés à El-Alamein, et que les Arabes se partageaient déjà le butin, marquant, dit la légende, les maisons que chacun s'approprierait. En 1948 enfin, quand le sort des armes paraissait incertain. Et mes interlocuteurs de conclure : maintenant que nous sommes forts et maîtres de notre destin, nous saurons faire face à la nouvelle situa­tion. Que répondre à cet argument, qui repose sur une vision cyclique de l'histoire juive ? Suis-je gagné par la panique ? Mon inquiétude même ne serait-elle qu'une atti­tude défaitiste ?


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