Auteur : Anne-Brigitte Fonsmark | Felix Krämer | Naoki Sato
Date de saisie : 18/09/2008
Genre : Art - Peinture
Editeur : Hazan, Paris, France
Prix : 39.00 € / 255.82 F
ISBN : 978-2-7541-0317-6
GENCOD : 9782754103176
Sorti le : 10/09/2008
Durant toute sa carrière, le peintre danois Vilhelm Hammershoi (1804-1916) a adopté comme sujet de prédilection les intérieurs des appartements successifs qu'il a occupés, sujet qu'il traite avec une extrême économie de moyens et auquel il donne un caractère obsédant. Supprimant tout détail anecdotique, il représente des espaces silencieux, dérangeants par leur vide et à peine animés par la silhouette sombre de femmes presque toujours vues de dos. Sa palette réduite à des camaïeux de gris et de bruns ajoute encore au mystère et à la mélancolie de ces intérieurs qui semblent incarner à la fois la solitude des terres du Nord et le mystère envoûtant et inquiétant du monde féminin, tel que l'a perçu le XIXe siècle finissant. En même temps le statisme de ce monde clos n'est pas sans dégager une impression funèbre. Cette même immobilité troublante se retrouve dans ses portraits, ses paysages et ses vues urbaines de Copenhague - sa ville natale - ou de Londres, où il a séjourné à plusieurs reprises. Chaque fois, le temps semble inexplicablement suspendu.
Ce bel ouvrage - qui fait office de catalogue pour la première rétrospective Hammershoi organisée en Grande-Bretagne (juin 2008) et au Japon (en 2009) - est illustré de nombreuses oeuvres couvrant toute la carrière du peintre, ainsi que de photographies rares de l'artiste, de sa famille et de ses appartements. Dans des essais éclairant et dans les descriptions des tableaux, d'éminents spécialistes tentent de définir la singularité de la vision d'Hammershoi, étudient ses liens avec les maîtres hollandais du XVIIe siècle et avec les peintres de l'âge d'or danois au début du XIXe siècle, et restituent son oeuvre dans le contexte de l'art symboliste de la fin du XIXe siècle.
LES AUTEURS
Félix Krämer, directeur de la Kunsthalle de Hambourg où il a monté en 2003 une importante exposition consacrée à Hammershoi.
Naoki Sato, conservateur au musée national d'art occidental de Tokyo.
Anne-Brigitte Fonsmark, directrice de l'Ordrupgaard de Copenhague, spécialisé dans l'impressionnisme français et l'art danois du XIXe siècle.
Avant-propos :
Cette rétrospective - la première consacrée à Vilhelm Hammershoi (1864-1916) au Japon et au Royaume-Uni - nous présente un peintre danois qui semble avoir condamné les scènes de la vie quotidienne à l'immobilité et au silence. Ses oeuvres dérangent par l'impression de vide oppressant qu'elles dégagent. Elles nous parlent d'un monde fermé, psychologiquement lourd ; elles «évoquent» des intérieurs, des paysages, des espaces urbains, sans vraiment les représenter.
Hammershoi a vécu à une époque extrêmement riche en innovations artistiques de toutes sortes ; pourtant, il semble avoir voulu rester à part, comme s'il était insensible aux recherches audacieuses que poursuivaient ses contemporains. Se limitant à un nombre restreint de sujets, il trouve son inspiration dans la peinture de genre hollandaise du XVIIe siècle et dans ce que l'on appelle l'âge d'or de la peinture danoise, au début du XIXe siècle. Ses personnages, ses arbres, ses bâtiments, ses intérieurs sont peints avec une extrême économie de moyens, et ses compositions, soigneusement structurées, expriment une observation minutieuse de la lumière : une lumière directe, oblique ou diffuse dont le spectre se limite à des tons très subtils de gris.
Acclamé de son vivant, dans son pays comme à l'étranger, Hammershoi est vite tombé dans un relatif oubli après sa mort, en 1916. Plus de cinquante ans plus tard, il connut un regain de faveur, notamment grâce aux travaux de l'historien de l'art danois Poul Vad et à deux expositions qui se tinrent en Amérique, au début des années 1980. Plus récemment, d'importantes expositions monographiques ont été organisées à Paris et à New York (1997-1998) et à Hambourg (2003). En 2007, son oeuvre fut présentée, en même temps que celle du cinéaste danois d'avant-garde Cari Th. Dreyer, à l'Ordrupgaard, à Copenhague, et au Centre de Cultura Contemporania de Barcelone.
Le musée national d'Art occidental de Tokyo a, en collaboration avec Nikkei Inc, invité la Royal Academy à être le partenaire de cette rétrospective montée par Félix Krämer et Naoki Sato, avec la coopération de MaryAnne Stevens. Anne-Birgitte Fonsmark en était la conseillère scientifique. Cette première collaboration entre les trois organisations a mis en place des bases qui permettent d'envisager de nouveaux projets communs.
Hammershoi est aujourd'hui présent dans de nombreux musées, notamment au Danemark, mais beaucoup d'oeuvres importantes appartiennent à des collectionneurs. Nous tenons ici à remercier ces prêteurs, publics ou privés, pour leur exceptionnelle générosité.
Aucune exposition ne peut voir le jour sans mécènes ni sponsors. Le musée national d'Art occidental et Nikkei Inc tiennent à remercier les sponsors japonais qui ont soutenu l'exposition à Tokyo. À Londres, la Royal Academy exprime sa vive reconnaissance à deux organisations : OAK Foundation Denmark et Novo Nordisk. Elle a également bénéficié des généreuses contributions de Cari et Jackie Michaelsen, de Leif et Janicke Höegh et de l'ambassadeur John L. Loeb Jr. Enfin, elle remercie S.E. l'ambassadeur du Danemark au Royaume-Uni et son personnel pour leur engagement et leur soutien dans cette opération.
Les liens qui existent entre le raffinement de l'art japonais et l'esthétique dépouillée de cet artiste britannique d'honneur qu'est lames Abbott McNeill Whistler permettront à nos publics respectifs de redécouvrir ce Danois attachant, troublant, énigmatique, ce peintre qui a inventé la poésie du silence.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli