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Lettres et Carnets

Couverture du livre Lettres et Carnets

Auteur : Hans Scholl | Sophie Scholl

Traducteur : Pierre-Emmanuel Dauzat

Date de saisie : 02/10/2008

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Tallandier, Paris, France

Collection : Archives contemporaines

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-84734-436-3

GENCOD : 9782847344363

Sorti le : 28/08/2008

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  • La présentation de l'éditeur

«Je viens juste de passer le quintette La Truite sur le Gramophone. Ecouter l'andantino, ça me donne envie d'être une truite. Dans ce morceau de Schubert, on sent et on respire vraiment les brises et les senteurs, on entend crier de joie les oiseaux et la création tout entière. Et la répétition du thème au piano, telle l'eau fraîche, pure, étincelante, oh, quel enchantement.»

17 février 1943

La veille d'écrire cette dernière lettre, Sophie Scholl, 21 ans, a distribué à l'université le sixième tract de la Rose blanche, appel à la jeunesse allemande contre Hitler et ses partisans, " qui jettent aux pourceaux les valeurs les plus hautes d'une nation ". Elle est arrêtée le lendemain, jugée et décapitée quatre jours plus tard pour haute trahison, avec son frère Hans, 24 ans, et leur camarade Christoph Probst, 23 ans. Le mouvement d'étudiants de la Rose blanche ne leur survivra que de quelques semaines.

Sacrifiés volontaires et figures muettes de l'héroïsme au quotidien, Hans et Sophie Scholl sont les premiers nouveaux Allemands.

Jusqu'ici totalement inédites, leurs lettres constituent un document unique et bouleversant. On y lit les raisons différentes mais similaires d'un rejet, la montée progressive d'un refus et l'entrée en résistance de deux adolescents libres à en mourir.

«Auriez-vous tué Hitler, si vous en aviez eu la possibilité ?
- Oui, sur-le-champ !»

Traduit, présenté et annoté par Pierre-Emmanuel Dauzat.





  • La revue de presse Sébastien Lapaque - Le Figaro du 1er octobre 2008

Leur correspondance éclaire les mobiles profonds de la révolte des étudiants bavarois de La Rose blanchecontre le nazisme. Leur histoire est l'une des plus émouvantes de la Seconde Guerre mondiale...
On découvre aujourd'hui l'arrière-pays et les mobiles de leur révolte à travers leurs lettres et les pages bouleversantes de leurs carnets intimes. Un document dont la lecture n'est rien de moins qu'impéra­tive.


  • La revue de presse Gilles Heuré - Télérama du 1er octobre 2008

Ces Lettres et carnets de Hans et Sophie Scholl, deux jeunes Allemands, frère et soeur, guillotinés par la Gestapo en 1943, à 25 et 22 ans, apportent un double éclairage. D'abord, ils confirment l'existence, trop peu connue, d'un courant de résistance au sein même du IIIe Reich. Ensuite, ils constituent un témoignage bouleversant sur la formation intellectuelle et spirituelle de deux jeunes étudiants en lutte contre un régime et l'étouffement intellectuel qu'il impose...
La foi en la culture et en la liberté de l'esprit inonde ces lignes magnifiques écrites par deux jeunes Allemands qui payèrent leur courage de leur vie.


  • La revue de presse Nicolas Offenstadt - Le Monde du 5 septembre 2008

Dans le grand hall de l'université de Munich, en février 1943, deux étudiants hors du commun, Hans et Sophie Scholl, jetèrent des tracts pour réveiller les consciences de leurs condisciples. Ces textes appelaient à déserter les amphithéâtres et à s'insurger : pour l'honneur, pour la liberté, "contre l'asservissement de l'Europe par le national-socialisme". "Les morts de Stalingrad nous implorent", dit encore le tract évoquant la terrible bataille que les armées allemandes viennent de perdre...
Le volume traduit aujourd'hui par les éditions Tallandier rassemble, lui, des textes de Hans et Sophie, écrits entre 1937 et 1943, qui permettent, par leur variété et l'échelonnement dans le temps, de suivre les évolutions de leur sensibilité politique et religieuse...
Ces lettres et notes évoquent les banalités de la vie, disent les états d'âme des Scholl et forment aussi un très riche témoignage sur la jeunesse sous le national-socialisme...
Il faut saluer la traduction de cette correspondance, qui permet au lecteur français de découvrir les ressources intimes où ces grandes figures résistantes sont allées puiser, "contre vents et marées", avec cette espérance, "savoir se maintenir".



  • Les premières lignes

Les enfants d'Antigone ou la banalité du bien
par Pierre-Emmanuel Dauzat

Pour Aude

Ils étaient vingt et cent, mais certainement pas des milliers. «Nul ne sait combien ils étaient, écrit Hannah Arendt dans Eichmann à Jérusalem. Cet élément muet totalement isolé ne se manifesta publiquement qu'à une seule occasion, dans un geste unique et désespéré : ce fut quand les Scholl, frère et soeur [...], distribuèrent les célèbres tracts où Hitler était enfin appelé par son nom - un "assassin de masse".» Ils avaient une petite vingtaine d'années, ils étaient une quarantaine d'étudiants, réunis autour d'un professeur de philosophie d'un peu moins de 50 ans, Kurt Huber, et un noyau dur, encore plus réduit : Hans Scholl, né le 22 septembre 1918 ; sa petite soeur, Sophie Scholl, née le 9 mai 1921, et Christoph Probst, né le 6 novembre 1919, marié et père de trois enfants, tous trois guillotinés à Munich le 22 février 1943 ; mais aussi Willi Graf (1918-1943), Alexander Schmorell (1917-1943) et le Pr Huber (1893-1943), exécutés, à la suite d'un second procès, en juillet puis en octobre. Quelques-uns des piliers du groupe, comme Traute Lafrenz, réussirent miraculeusement à échapper au couperet.
Depuis leur plus jeune âge, ils n'avaient connu que le décervelage et le discours de haine et de mensonge d'un régime qui en avait fait sa religion. Ils avaient lu les classiques et trouvé dans Schiller ou dans Stifter et Novalis, voire Lessing, Leibniz et Nietzsche, de quoi résister au discours débilitant du régime et prêcher la tolérance. Comme d'autres jeunes gens un peu partout en Allemagne, mais avec des risques formidables, il leur parut aller de soi qu'ils devaient dire non. Et pour se dérober au «démon du consentement» et à la «jubilation anonyme» environnante, ils étaient prêts à risquer la mort.


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