Auteur : Miodrag Pavlovic
Traducteur : Mireille Robin
Date de saisie : 04/09/2008
Genre : Poésie
Editeur : Circé, Belval, France
Collection : Oxymoron
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-84242-243-1
GENCOD : 9782842422431
Sorti le : 25/08/2008
«Ils débarquent en grand nombre, mais on ne les voit pas. Ils nous menacent ou cherchent à se battre avec certains d'entre nous. On ne sait pas pourquoi, mais la coutume est plus importante que son explication. Du haut du toit, ils nous sautent sur le dos, ils nous font des croche-pieds lorsque nous franchissons le seuil, sur les routes, ils nous oppriment la poitrine à l'instar du vent. On dirait qu'ils continuent à se multiplier. Les hommes sont sans cesse sur leur garde. Ils doivent souvent s'empoigner avec eux. Ces êtres invisibles qui nous harcèlent sont une vraie peste. C'est à peine si on arrive à se frayer un passage entre deux forces impures. Du matin à la nuit, ils nous assaillent par surprise. Les femmes, sur ce point, s'en tirent mieux. Entourées des enfants, elles parlent d'enfantillages. Mais nous, les hommes, avec quelques brins d'herbe et deux ou trois mots anciens, nous devons protéger le village des nuées rouges et malsaines. Ainsi que des autres émissaires du malin.»
Miograd Pavlovic est né en 1928 à Novi Sad, il vit désormais à Belgrade et dans le sud de l'Allemagne. Il exerça la médecine quelques années, puis il devint dramaturge au Théâtre National de Belgrade et lecteur dans une maison d'édition. Son recueil de poésie, 87 poèmes, le rendit, dans la Yougoslavie de 1952, d'un jour à l'autre, célèbre. Aujourd'hui, il appartient, avec une oeuvre qui compte plus de trente recueils de poésie, à la lignée des Joseph Brodsky, Jan Skacel et Zbigniew Herbert.
Entrée à Crémone est un choix que l'auteur a fait et qui couvre un demi-siècle de publication.
Séparation
Qu'as-tu perdu
dans cette forêt où le vent fait flotter
ses bannières ?
Pas un bras pas de l'or
pas la fibre de ta raison
Sur les feuilles mortes
sur les ombres humides
est tombée une
confession de la chair
Une confession
cyclamens foulés aux pieds
a fait remonter le captif
à bord du navire
Tandis que des pieds étrangers
sur le rythme d'une chanson endiablée
martèlent tes tempes
Contemple les étoiles
il n'est qu'un seul salut
bienheureuse insensibilité
Qu'as-tu perdu
lorsque la chair
s'est confessée ?
Ô esclave
Dors
courte est la nuit.
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