Auteur : Frédéric Ciriez
Date de saisie : 30/10/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Verticales-Phase deux, Paris, France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-07-012075-8
GENCOD : 9782070120758
Sorti le : 25/08/2008
Des néons sous la mer
«Les néons du sous-marin offrent aux visiteurs l'inédite signature rosé pin-up d'un bordel incandescent qui drague sa clientèle par longs flashs de sept secondes. Et quand on voit, de soir en soir, le nom de l'établissement baver sur le feuillage des grands pins maritimes centenaires qui nous dominent, je pense que c'est une réussite.»
Mêlant la satire de moeurs, l'érudition parodique, l'anticipation sociopolitique et le mélodrame portuaire, Des néons sous la mer se présente comme une fiction inclassable qui multiplie les voies d'eau pour approcher la question complexe, et ici décomplexée, de la prostitution.
Frédéric Ciriez est né en 1971. Des néons sous la mer est son premier roman.
Beau Vestiaire, car tel est le nom du narrateur de Néons sous la mer, est un jeune as du baby-foot, titulaire d'un master I en histoire du cinéma, qui, en dehors de ses heures de service, promène sa mélancolie "comme un désespoir qui n'a pas les moyens" sur un monocylindre à explosion (XT 500), courant sur les tissus noirs des lacets du GR 34 - les pages consacrées aux paysages bretons sont admirables. Beau Visage est la voix de Frédéric Ciriez, qui nous torpille le coeur avec ce premier roman satirique, baroque, parfois drôle et curieusement pudique. Car ce qui reste à quai, pour Ciriez, c'est la tendresse, dont il n'est jamais en rade.
Un bordel sous-marin en baie de Paimpol ? Pourquoi pas ? On imagine Frédéric Ciriez choisissant le sujet de son premier roman et se disant «Chiche !»...
Sur ce canevas, on imagine l'auteur brodant les péripéties les plus loufoques, laissant son imagination courir au gré de sa veine drolatique. On aurait tort. S'il est vrai que l'on sourit beaucoup à la lecture des Néons sous la mer, Frédéric Ciriez a pour le moins réussi à brouiller les pistes...
Cette plongée dans l'univers des «Olaimpiennes» ne se réduit pas pour autant à un exercice de style, aussi virtuose puisse-t-il être. Le destin de chacune, présenté en brefs récits de vie, ponctue les rapports décalés de l'observateur, et l'ensemble prend, peu à peu, valeur de méditation morale sur le sexe, la liberté des femmes, la solitude et l'amour. On ne sera pas surpris de voir que le narrateur lui-même s'incarne, et que son compte rendu se mue en une vraie trajectoire sentimentale. La complicité perce sous la dérision. L'émotion sous le tour de force. On est conquis.
Natif de la région bretonne, Frédéric Ciriez entre en littérature avec une fiction inclassable, mêlant comédie romantique, récit documentaire et anticipation politique...
Il se joue de la censure en alignant des mots, voire des paragraphes, prétendument rayés, prétextes à toutes les impertinences. Ludique, le texte prend à contre-pied le regard traditionnel sur la prostitution, et rend un hommage vibrant à ces femmes «qui illuminent les ténèbres des mortels, fanal rose en main, triomphent tous les soirs de la sexuelle corrida». Prometteur.
Derrière le simulacre d'amour, on reconnaît nos propres abîmes. Mais aussi une lueur, portée par l'étrange poésie du texte, dont la profondeur nous éclaire : les sous-marins, comme les hommes, finissent toujours par refaire surface.
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