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Un sauveur

Couverture du livre Un sauveur

Auteur : Claude Habib

Date de saisie : 02/09/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. de Fallois, Paris, France

Prix : 19.50 € / 127.91 F

ISBN : 978-2-87706-655-6

GENCOD : 9782877066556

Sorti le : 20/08/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Aurélie est belle et douce. Elle est née en 1988. Elle grandit dans la banlieue d'une petite ville française, entre une mère alcoolique et un père qui assure.

À quinze ans, elle tombe amoureuse du premier venu et s'en va. C'est un quitte ou double. La vie pourrait mal tourner.

Sur le chemin qui la conduit de la province à Paris et de l'enfance à l'âge adulte, elle rencontre trois déboires : déception de la famille, déception des amis et déception de soi.

À l'improviste elle est sauvée.

Son histoire se passe sur terre, où le salut dure ce qu'il dure.

Un Sauveur évoque l'instabilité, le salut passager, la jeunesse.

Claude Habib, universitaire, spécialiste de Rousseau, a tenu la chronique littéraire de la revue Esprit de 2001 à 2004. Elle a écrit plusieurs essais : Pensées sur la prostitution, Le Consentement amoureux, Galanterie française.
Un Sauveur est son deuxième roman.





  • Les premières lignes

Quand elle est née, ils habitaient encore en ville, au-dessus du garage Shell. Elle n'en a pas de souvenir. Très vite, ses parents avaient acheté, sur plan, dans le lotissement. À l'origine, le projet comprenait deux rangées d'habitations, l'allée des Bois et l'allée des Sources, s'écartant de la place des Saules, comme les ailes d'un oiseau. C'était un projet à taille humaine, pour une centaine de familles. Aurélie grandit au 6 allée des Bois. Plus tard, allaient s'adjoindre le chemin des Violettes, le chemin des Roses et le chemin des Saules, qui entourent les premières constructions et les séparent des Servin. Puis le chemin des Acacias. Aurélie trouvait naturel de grandir en même temps que son univers. Sa petite enfance s'est passée dans le bruit des excavatrices, les bip-bip-bip des engins en marche arrière. Elle aimait ce chantier et sa bonne odeur de poussière et de goudron. Malgré les interdictions, des enfants se glissaient entre les lattes pour trotter dans les parcelles qui seraient bientôt des maisons. Aurélie n'a jamais franchi les panneaux INTERDIT AU PUBLIC. Elle était sage. Parfois, quand il faisait beau, sa mère la menait voir le chantier. Elles contemplaient la pelleteuse qui découvrait les entrailles de la terre. C'était une terre grasse et jaunâtre, avec des traces de craie. Sa mère lui broyait la main, de peur qu'elle s'échappe.
Bien que les unités d'habitation soient identiques, les résidents des allées ont toujours conservé à l'égard des habitants des chemins une pointe de condescendance patricienne. Les nouveaux venus sont moins bien lotis. Ils vivent les uns sur les autres, parce que les chemins sont étroits : le voisin d'en face a le nez dans votre living. Leurs enfants n'ont pas devant eux la vaste esplanade, avec le terre-plein central, comme une scène ouverte à leurs jeux. Fatalement, ils se retrouvent dans les allées (on supporte les cris de ses enfants, moins ceux des autres : «Vous pouvez pas jouer tranquilles !») Et puis les chemins sont plus près de la cité d'où viennent tous les maux : verlan et vols d'autoradios il y a quinze ans, braquages et tags aujourd'hui.


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