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Bestiaire amazonien

Couverture du livre Bestiaire amazonien

Auteur : François Feer

Date de saisie : 30/08/2008

Genre : Essais littéraires

Editeur : Dilettante, Paris, France

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-84263-163-5

GENCOD : 9782842631635

Sorti le : 08/10/2008

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Allons-y d'un terme : zoophanie ! Fête de la créature, apothéose du vivant livré cash en sa bigarrure, ses glapissements et ses odeurs ! L'arche toute, réduite à ses plus superbes singularités et offerte compactée ! Tel est l'ouvrage que nous offre François Feer en son Bestiaire amazonien. Ce ragoût biotopique, mitonné avec sapience et saveurs, avoue une foule d'ingrédients jolis : l'alouate hurleur ou singe flamme qui fait de la sylve détrempée un gueuloir, le tatou nous dit tout (et surtout qu'à la façon des conquistadors, il sommeille en armure), les pécaris dorment en groupe, le Coq de roche se la joue, l'agouti est «le jardinier distrait de la forêt», le pian est hors d'âge. Ajoutez à cela une belle pièce de jaguar, une pincée de phanée, de la Carollia, du piaf poids mouche, nappez avec de l'homme. Vous obtenez un bestiaire maison, goûtu et futé, un cabinet de curiosités à nourrir deux fois par jour. Et c'est à volonté !

Naturaliste mûr pointant dans une noble institution de la République, François Feer écume les forêts les plus humides d'Afrique et d'Amérique, attiré par la singularité de leurs bestioles et la douceur du climat. Ayant très tôt renoncé à décrocher le prix Nobel, il se contente de chercher à faire sourire ses petits camarades par une approche empathique de la zoologie. Rentré chez lui à Paris pour soigner ses parasites et ses géraniums, il s'applique à être slameur du dimanche, chauffeur de locomotive à vapeur, gabier dans la marine à voile ou plongeur autonome.





  • Les premières lignes

Qui a vu la forêt amazonienne ?

Cette forêt profonde
C'est mon université
Cours de biodiversité
Où la vie se fonde

Voyez cette troupe de conquistadors poussés hors de leur Castille natale par la soif de l'or. Rongés par les fièvres, bouillant sous le morion cabossé, ils s'enfoncent dans l'enfer vert pour tenter le casse du siècle à la banque Eldorado. Aveugles à tout sauf à ce qui brille en jaune, abandonnés par leurs guides, ces pauvres hères finissent par tourner en rond, harassés par les moustiques assoiffés et les serpents atrabilaires. Dans la touffeur du sous-bois, ils ne verront même pas les archers qui les transformeront en passoires. À n'en point douter, c'est de cette époque que date la mauvaise réputation des Grands Bois équinoxiaux. On ajoutait d'ailleurs à l'époque qu'il n'y avait rien à y voir.
Quand on ne piétine pas leurs plates-bandes, les Amérindiens sont de bons voisins qui cultivent gentiment leur lopin durement défriché car ils sont jardiniers autant qu'herboristes et chasseurs. Voir les esprits cachés en toute créature et bavarder avec eux fait partie de leur quotidien ; cela ne les expose pas à être enfermés dans une institution spécialisée ou à devenir des saints. L'essentiel est d'avoir le plus d'occasions possible de faire la fête, de se barder de plumes le corps oint de roucou en rejouant les mythes fondateurs de l'ordre du monde. Pour améliorer la vision surnaturelle, ils pétunent des herbes infâmes, s'étourdissent au son des maracasses et du zunidor, et avalent des litres de bière artisanale jusqu'à tomber raide, heureux d'avoir participé à la consolidation de l'univers.


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