Passion du livre - tout sur le livre : Trois hommes seuls

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Trois hommes seuls

Couverture du livre Trois hommes seuls

Auteur : Christian Oster

Date de saisie : 04/11/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Minuit, Paris, France

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 978-2-7073-2050-6

GENCOD : 9782707320506

Sorti le : 11/09/2008

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Marie m'invitait à passer quelques jours en Corse. Je pouvais venir avec qui je voulais. J'en ai donc parlé à Marc, que je fréquentais depuis trois semaines sur un court de tennis, du côté de la porte de Clignancourt. Lui-même en a parlé à un type que je ne connaissais pas. Sur la banquette arrière, j'ai pu caser la chaise que Marie m'avait laissée en s'en allant, deux ans plus tôt, et qu'elle me demandait de lui rapporter. Après quoi, tous les trois, on s'est dit qu'on ferait connaissance en chemin, et on est partis.

Christian Oster est né en 1949. Il a obtenu le prix Médicis en 1999 pour Mon grand appartement.





  • La revue de presse Alexandre Fillon - Lire, novembre 2008

Avec ses deux amis, un homme part retrouver son ex-femme. Christian Oster au meilleur de sa forme...
L'écrivain est à son meilleur lorsqu'il décrit l'achat d'une casquette, la quête d'un chargeur de rasoir, l'errance de Serge dans la ville de Bastia. Baigné de la lumière corse, Trois hommes seuls distille d'un bout à l'autre ce charme étrange et cette mélancolie douce qui sont la marque de l'auteur du Pique-nique (Minuit, 1997).


  • La revue de presse Patrick Kéchichian - Le Monde du 17 octobre 2008

Le début, oui, on comprend où il est. La fin aussi. Il y a bien une queue et puis une tête, un fil narratif, une histoire en somme, dans le dernier roman de Christian Oster, comme d'ailleurs dans les douze qui l'ont précédé. Mais le milieu, le centre de gravité, où les situer ? C'est cela, cette incertitude, qui crée le trouble, l'amusement aussi, et puis, vers la fin, une sorte d'angoisse diffuse mais bigrement insistante. Résumer l'intrigue du roman d'Oster est d'une utilité contestable. Non que la chose soit impossible, bien au contraire. Tout y est ordonné, construit. Pas de fuite en avant, sauf dans la tête des protagonistes. Le suspens existe, la progression, la tension dramatique aussi. On suit le fil, même s'il semble parfois nous suspendre au-dessus d'un vide sans fond.


  • La revue de presse Jean-Claude Lebrun - L'Humanité du 11 septembre 2008

Jamais peut-être la dilection de Christian Oster pour le minimalisme ne s'était aussi délibérément affichée. Ce goût pour les espaces réduits, tout comme cette retenue dans l'échange, guère éloignée du mutisme. Et, pour faire bonne mesure, cet effarement devant le risque qu'un sentiment vienne à s'exprimer. Le romancier atteint ici à une manière de point culminant de son art. Une vraie provocation pour ceux qui assignent à la littérature les vastes horizons de l'épopée ou les paroxysmes de la tragédie, l'évocation de grandes tranches brutes de réalité ou le plaisir des méandres de la conversation. Dans ce dernier roman, un narrateur se tient au début dans son petit appartement parisien, au milieu du couloir, à égale distance de la salle de bains et de la penderie...
Les non-héros de Christian Oster ne sont pas de quelconques hommes sans qualités du début de notre siècle. Ils ont seulement une conscience radicale de l'espace minuscule accordé à leur individualité. À l'image de la distance réduite entre la salle de bains et le placard d'un appartement parisien. C'est en effet un puissant principe de cohérence qui se révèle à l'oeuvre dans ce roman. Engendrant cette histoire minuscule, mais qui touche étonnamment juste.


  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 27 aout 2008

Auteur de Mon grand appartement (prix Médicis 1999), et d'Une femme de ménage (adapté au cinéma par Claude Berri), Christian Oster aime raconter les petits arrangements entre gens défaitistes et transparents. Poussant au paroxysme son goût pour les relations incongrues, sources de grandeur et de paix, il matérialise drôlement les liens qui unissent ses personnages : une chaise bancale au dossier trop court, un câble de funambule enroulé dans une valise cabossée, autant d'accessoires bizarres et encombrants hissés au rang de passagers d'honneur dans la voiture de fortune.


  • La revue de presse Jean-Louis Ezine - Le Nouvel Observateur du 28 aout 2008

Comme dans tous les romans d'Oster, l'oisiveté en est le motif, en même temps que le prétexte. L'auteur de «Trois Hommes seuls» n'a pas son pareil pour peindre le désoeuvrement, l'abandon, la déambulation célibataire, le quant-à-soi minuté des maniaques sans projet...
Une double intrigue se fait alors jour : d'abord celle que vont nouer, dans le huis clos automobile, trois hommes qui ne se connaissent pas. D'autre part, le lecteur ne peut pas ne pas s'interroger sur le terme de la randonnée autoroutière et maritime, rythmée de silences et de quiproquos (qu'il ne compte pas sur Serge pour l'éclairer, trop occupé de sa douloureuse indifférence à soi) : la marchandise à livrer, est-ce la chaise ou le narrateur lui-même ? La réponse surprendra, révélant en Oster un maître subtil, sachant démêler le hasard, l'aléa, le coup fortuit, la virgule contingente, le détour inopiné où se dissimule, parfois, aux yeux du monde qu'il faut bien duper, la plus fatale et irrépressible nécessité.



  • Les premières lignes

Je venais de raccrocher par deux fois mon téléphone et je me tenais au milieu du couloir, face à la porte de la salle de bains, ma pensée errant à l'opposé vers celle, coulissante, de la penderie, dans la partie basse de laquelle je rangeais mes sacs de voyage.
Je possédais plusieurs sacs de voyage, qui cor­respondaient à plusieurs sortes de voyage, que je n'avais pas faits, et j'ignorais quel sac eût le mieux convenu au départ que je projetais pour la semaine suivante.
Le second appel téléphonique que j'avais reçu était dû à Marc, que je pratiquais seulement depuis trois mois, exclusivement sur un court de tennis que nous réservions le mardi soir. Le premier émanait de Marie, que je ne pratiquais plus depuis deux ans, dans aucun domaine à l'exception de l'épistolaire, qui consistait en cartes postales que nous nous adressions sporadiquement.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli