Auteur : Hanif Kureishi
Traducteur : Florence Cabaret
Date de saisie : 16/09/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Bourgois, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 23.00 € / 150.87 F
ISBN : 978-2-267-01992-6
GENCOD : 9782267019926
Sorti le : 28/08/2008
Jamal, psychanalyste d'une cinquantaine d'années, connaît un certain succès.
Suivant le rythme de ses consultations, professionnelles et amicales, sa vie est marquée par la régularité et l'écoute. Cette sérénité apparente masque néanmoins de nombreux tourments personnels. Jamal n'a rien oublié de son enfance dans la banlieue des années 1970, d'un premier amour, dont il n'a pas fait le deuil, et d'un événement tragique, qui continue à le hanter. Tout vacille lorsque deux témoins d'un passé longtemps refoulé resurgissent dans sa vie.
Hanif Kureishi restitue avec brio la liberté, l'euphorie et les luttes sociales qui ont marqué l'Angleterre durant quarante ans. Il donne vie à des personnages magnifiques qui cherchent à procurer un sens à leur existence chaotique.
«Quelque chose à te dire possède tout le mordant émotionnel et l'humour spirituel dont Hanif Kureishi peut faire preuve. Personne ne porte un regard aussi fin et affûté sur les modes de vie contemporains.» (William Boyd)
S'enroulant autour de cette quête amoureuse, le roman restitue au passage, trente ans d'histoire politique britannique, des années 1970 à nos jours, des luttes de classe et des espoirs des familles immigrées jusqu'aux scènes de marché de Sheperd's Bush aujourd'hui, de l'époque où "tout le monde fumait partout, même à la télévision", jusqu'aux attentats de juillet 2005. Le tout est vu avec la nostalgie tendrement auto-ironique d'un Kahn-Kureishi confronté à l'angoisse de vieillir. Avec, en fond sonore, Bob Dylan et Miles Davis. A la sortie de ce livre, la critique américaine a vu en Kureishi "une sorte de Philip Roth des années postcoloniales" en Angleterre. Ample et subtil, résonnant puissamment après qu'on l'a refermé, J'ai quelque chose à te dire est sans conteste le plus grand livre d'Hanif Kureishi. L'oeuvre parfaite de la maturité.
Trente ans de souvenirs d'un intellectuel londonien, fils d'un Pakistanais et d'une Anglaise, divorcé, père d'un adolescent : à ceci près que son héros, Jamal, est psychanalyste (un psychanalyste qui écrit des livres), on peut penser que Hanif Kureishi a mis beaucoup de lui-même dans son nouveau roman, une somme dans laquelle il établit un double bilan, celui d'une vie et celui d'un pays...
Quelque chose à te dire alterne souvenirs de jeunesse de Jamal et récit de sa vie actuelle, le Londres pré-thatchérien et le Londres d'aujourd'hui. Pendant longtemps, le roman semble flotter, dépourvu de tension, nostalgique et assez drôle, jusqu'au moment où, au cours d'une fête branchée, ressurgissent le jeune frère d'Anijta, devenu un chanteur à succès, et, bientôt après lui, sa soeur. Jamal pourra-t-il reconquérir Anijta ? La réapparition menaçante d'un ancien comparse des mauvais coups de jeunesse (Jamal, autrefois, se voulait étudiant-cambrioleur) va-t-elle bouleverser sa vie ?...
Le narrateur n'est pas un intellectuel retiré dans une tour d'ivoire mais croque l'Angleterre au quotidien, depuis la rivalité des clubs de foot londoniens (on a plaisir à voir cité le proverbe d'Éric Cantona : «Quand les mouettes suivent le chalutier, c'est parce qu'elles pensent que les sardines vont être jetées à la mer») jusqu'aux rues de la capitale vidées par les attentats.
La chronique familiale épicée d'un psy anglo-pakistanais dans une société britannique déboussolée... L'auteur de My Beautiful Laundrette revient au mieux de sa forme. Une mère «brit», un père «paki», une oeuvre où les cultures se télescopent allègrement, Hanif Kureishi est l'un des plus turbulents mousquetaires de cette world fiction qui a donné du sang neuf aux lettres britanniques...
Parfois drôlissimes, parfois pétries de monstrueuses ténèbres - lorsque l'inceste se profile - les confessions de Jamal sont un modèle de subtilité. Il y ajoute un tableau explosif de cette grande famille déboussolée qu'est la société anglaise, à l'heure des brassages ethniques. Le meilleur roman de Kureishi, après Le Bouddha de banlieue.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli