Auteur : Anne-Constance Vigier
Date de saisie : 02/09/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : J. Losfeld, Paris, France
Collection : Littérature française
Prix : 13.90 € / 91.18 F
ISBN : 978-2-07-078238-3
GENCOD : 9782070782383
Sorti le : 25/08/2008
Comment allons-nous faire, comment allons-nous supporter une chose pareille, se demande la narratrice, une traductrice quadragénaire, contrainte d'héberger son père le temps qu'il subisse des examens médicaux dans l'hôpital d'en face. Sans la présence rassurante de ses jumeaux adolescents, partis en vacances. C'est le début d'un huis clos où se ravive le souvenir des blessures laissées par ce tyran inflexible et péremptoire qui n'aura jamais fait régner que la terreur et se trouve maintenant affaibli par la peur de la mort. Et pourtant, mon père qui a tout fait pour m'empêcher de vivre n'y est peut-être pas tout à fait parvenu, pourra se dire cette femme une fois revenue à sa vie d'avant.
Avec causticité et une certaine distance ironique non dénuée d'espoir, Anne-Constance Vigier continue d'explorer les malentendus et les obstinations qui endommagent, détruisent ou reconstruisent une vie.
Née en 1970, Anne-Constance Vigier est professeur de mathématiques et vit en région parisienne. La réconciliation est son deuxième roman aux Éditions Joëlle Losfeld.
Des blessures familiales, Anne-Constance Vigier a l'art de tirer des récits percutants et caustiques. Comme Entre mes mains (éd. Joëlle Losfeld, 2007), son troisième roman, La Réconciliation, repose sur une efficace dramaturgie. Une action simple : comment la narratrice supportera-t-elle la brève intrusion dans sa vie d'un père tyrannique, longtemps tenu à distance ?
Le récit pourrait être irrespirable, il est presque constamment ironique et drôle...
La réconciliation ? Le mot "réconcilier" n'apparaît qu'une fois dans le roman, à propos d'un carrelage aux couleurs "incompatibles". Règlement de comptes serait peut-être aussi approprié, en ce qui concerne le père, ce tyran déchu. Mais réconciliation avec soi-même, apaisement pour la narratrice qui retrouve avec bonheur ses jumeaux narquois. "Mon père qui a tout fait pour m'empêcher de vivre n'y est peut-être pas tout à fait parvenu."
Un mot caractérise bien l'état d'esprit des personnages d'Anne-Constance Vigier : «le désagrément». L'ennui d'avoir épousé un mari violoniste pourrissait la vie de l'héroïne exaspérée d'Entre mes mains, pour la plus grande joie des lecteurs. Un humour inénarrable agite l'écriture de la Réconciliation, sans excès, sans aller jusqu'à la ratiocination des grands monologues obsessionnels...
La maladie, possible, envisagée, empêchera-t-elle la réconciliation annoncée par le titre, et qui ne désigne pas autre chose que le droit à oublier l'ennemi ?
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