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La constellation de la Vierge : Autobiographie d'un savant aux prises avec la Vie

Couverture du livre La constellation de la Vierge : Autobiographie d'un savant aux prises avec la Vie

Auteur : Bernard Diu

Date de saisie : 28/08/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Hermann, Paris, France

Collection : Littérature

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-7056-6755-9

GENCOD : 9782705667559

Sorti le : 13/09/2008

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  • La présentation de l'éditeur

2 septembre 1991, midi : sur le campus de Jussieu, un professeur de physique se jette dans le vide du haut du dernier étage de la tour 14. Il veut en finir avec la Vie. Miraculeusement, Bernard Diu survivra à cette chute vertigineuse.
Aujourd'hui, à travers un récit troublant, il témoigne et s'explique, sans retenue ni complaisance, sur ce geste désespéré. En découle un vif plaidoyer en faveur du droit au suicide assisté, qu'il rebaptise IVV (Interruption Volontaire de la Vie).

Né en 1935, reçu 1er à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, agrégé et docteur en physique, Bernard Diu est professeur émérite à l'université Paris-VII-Denis Diderot. Il fut longtemps membre du Conseil national supérieur des Universités et représentant du ministère aux Commissions du CNRS.





  • Les premières lignes

Module I

Notre-Dame des Fers
(Orcival)

Lumière... Doucereuse, cruelle, permanente, éternelle... Sans doute, dans son insignifiance apparente mais sa pérennité inépuisable... sans doute, constamment présente et blessante... sans doute participait-elle de ce Grand Dessein implacable, caché et nié avec grand soin mais que j'avais percé et révélé pour moi seul, et que je savais inexorable. Elle filtrait, imperturbable, d'un verre dépoli dont j'apercevais à peine la lisière, en levant les yeux du plus que je le pouvais dans mon visage étrangement immobile, immobilisé sans doute selon le Grand Dessein... On eût dit de ces éclairages qui équipent les wagons de chemin de fer, ou les avions, efficaces et discrets. Pure hypothèse, en fait, cette comparaison : je ne pouvais la vérifier, tant étaient contraignants les liens qui me maintenaient, et dont je ne percevais même pas la nature.

Je fermai les yeux, épuisé... «Quoique la bruine fût dissipée, les ténèbres demeuraient profondes. Une épaisse muraille de nuages couvrait les étoiles. On n'apercevait que ces phosphorescences légères qui s'échappent des plantes ou se posent sur les eaux ; une bête soufflait dans le silence ou faisait entendre le frôlement de ses pattes ; un grondement roulait sur les herbes mouillées.»
Elle était là, toujours, la lumière, familière torture et tenace compagne. L'obscurité existait-elle ? Le jour et la nuit, le soir et le matin, j'en avais perdu la notion : point de fenêtre ni de lucarne.


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