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Outside Valentine

Couverture du livre Outside Valentine

Auteur : Liza Ward

Traducteur : Françoise Jaouën

Date de saisie : 24/08/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : 10-18, Paris, France

Collection : 10-18. Domaine étranger, n° 4058

Prix : 7.90 € / 51.82 F

ISBN : 978-2-264-04287-3

GENCOD : 9782264042873

Sorti le : 14/08/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Hiver 1957-1958, au Nebraska. Caril Ann, une adolescente se laisse emporter par le tourbillon de violence où l'entraîne son petit ami, jusqu'à participer à l'une des plus célèbres tueries de l'histoire américaine. Il sera exécuté. Elle, emprisonnée. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Cinq ans plus tard, on retrouve une autre jeune fille, Bouchon, qui guette avec passion son jeune voisin dont les parents ont été abattus lors du massacre. Trois décennies plus loin, c'est un antiquaire qui se réveille obsédé par le rêve d'une tache de sang qui s'élargit lentement sur son col de chemise. Trois histoires, trois époques. Un seul fil à nouer. Et la même question en boucle : à quoi tient une existence ?

«Magistralement conçu et maîtrisé, d'une écriture tendue, subtile et charnelle, Outside Valentine va au plus secret des émotions.» Christian Gonzalez, Le Figaro Madame

Liza Ward est née à New York. Diplômée des uni­versités du Montana et de Middlebury, elle y débuta ses recherches sur les meurtres des deux adolescents tueurs, Charlie Starkweather et Caril Ann Fugate, dont ses grands-parents furent victimes. Outside Valentine est son premier roman. Liza Ward vit aujourd'hui dans le Massachusetts.

Traduit de l'américain par Françoise Jaouën

"Domaine étranger" dirigé par Jean-Claude Zylberstein





  • Les premières lignes

1991

Dans mon rêve, la neige tombait partout dans mon bon vieux Nebraska. Le pasteur était venu m'annoncer ce qui était arrivé à mes parents. Une tache appa­rut sur son col, puis une autre, et je sentis sa main froide à travers le drap.
Juste avant d'ouvrir les yeux, j'étais redevenu petit garçon, j'étais couché dans mon lit, avec la peinture du canard accrochée au-dessus, et ma mère appelait dans l'escalier. J'avais éprouvé un immense soulagement en entendant sa voix, mais en revenant à mon existence présente, le vide me donna presque envie de crier. Tout était comme je l'avais laissé la veille au soir ; le verre vide, le livre sur le naufrage d'un navire romain, les épais rideaux accrochés de part et d'autre de la fenêtre comme deux jupes bouffantes emprisonnées le temps d'une danse dans une étreinte un peu guindée.
Je remontai lentement le couloir dans la pâle lumière du petit jour, un adulte en pyjama tendant l'oreille pour entendre la voix de sa mère. Mais dans l'appartement silencieux, toutes les portes m'étaient fermées, protégeant Susan et les enfants. Je posai la main sur la poignée, tenté d'ouvrir la porte de la chambre pour voir à quoi ressemblait ma femme pro­fondément endormie, ses cheveux épars sur l'oreiller, son masque posé sur les yeux. Autrefois, j'éprouvais du réconfort à me réveiller dans notre lit et à passer la main dans le creux laissé par son corps, en sachant qu'elle n'était pas loin. Mais nous ne vivions plus ainsi. Tom Osborne, notre chat roux, me lança un regard méfiant du haut de la bibliothèque.


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