Auteur : Julia Leigh
Traducteur : Jean Guiloineau
Date de saisie : 02/10/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Bourgois, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-267-01995-7
GENCOD : 9782267019957
Sorti le : 28/08/2008
«Julia Leigh est une magicienne. Sa prose adroite diffuse une impression de contrôle serein tandis que la terre tremble sous nos pieds.» (Toni Morrison)
«Au centre d'Ailleurs, une oeuvre qui peut à première vue s'apparenter à une comédie grotesque dans la lignée de Tandis que j'agonise de William Faulkner est un enfant de neuf ans qui tente de donner du sens à l'histoire. C'est un garçon courageux, débrouillard et équilibré. Pas assez toutefois pour résister indéfiniment au charme discret des adultes, ceci sans parler de leur violence ni de leur traîtrise ; un garçon dont la tentative désespérée pour se sauver, lui et sa petite soeur, tourne presque à la tragédie. [...] Ailleurs est un roman puissant et troublant.» (J.-M. Coetzee)
Quittant l'Australie avec ses deux enfants, Olivia se réfugie en France dans la demeure familiale où elle a grandi. Après des années d'absence, elle y retrouve sa mère et son frère, de retour avec sa femme. Dans cet univers fragile, riche en émotions, chacun tente de tenir bon tandis qu'un tragique secret les rapproche sans cesse d'une possible rupture... Conte noir et fascinant, "Ailleurs" est à la fois troublant, subtil et profond.
Evoquant parfois l'univers noir et inquiétant de l'Henry James du Tour d'écrou ou celui de Lewis Carroll, le mince roman de Julia Leigh sur le deuil est un véritable uppercut. Le genre de texte qui vous bouscule pendant toute la lecture et reste dans la mémoire longtemps après que l'on en a achevé la lecture. Espérons juste que l'Australienne ne mettra pas autant d'annnées à nous redonner de ses nouvelles.
«Une magicienne», a dit Toni Morrison pour saluer Julia Leigh - née à Sydney en 1970 - qui dépose sur cette rentrée littéraire un petit diamant serti de ténèbres. Avec des décors idylliques et un scénario funeste, comme si Buñuel et Maupassant débarquaient chez la comtesse de Ségur...
En quelques pages, Julia Leigh accentue les contrastes, fige les visages, pétrifie les âmes...
Avec cette histoire diabolique, Julia Leigh aurait pu sombrer dans le morbide. Elle reste au contraire incroyablement pudique, majestueuse dans sa souffrance. Ailleurs est un roman tendu, jamais larmoyant, un requiem bouleversant. Une des révélations de l'automne.
Ce roman ne fait qu'une centaine de pages, mais elles comptent pour mille : chaque phrase craque et résiste, dans toute sa solide splendeur, avant de céder pour s'ouvrir sur un gouffre foisonnant d'implicite. A l'image de cette porte de château, enfouie sous la vigne vierge et scellée par le temps, que l'héroïne, son fils et sa fille forcent jusqu'au sang, dans la saisissante scène d'ouverture du livre. Le trio en perdition semble sorti du film La Nuit du chasseur, de Charles Laughton...
Ecrivaine australienne née en 1970, déjà remarquée pour son premier roman, Le Chasseur (éd. Actes Sud, 2000), sur les liens aimantés entre une proie et son bourreau, Julia Leigh n'entre jamais dans les pensées de ses personnages. Elle les essore jusqu'à la dernière goutte, pour donner à goûter le nectar de leur souffrance.
Hansel et Gretel sont connus des écrivains du monde entier. L'Angleterre a une ambassadrice en principe moins anxiogène : Alice. Et la France ? La France est un vieux château de Barbe bleue. On entre par une porte dérobée. Un personnel fidèle et nombreux s'active dans l'atmosphère bienfaisante des cuisines. L'inquiétude monte avec les étages. Auteur, il y a dix ans, du Chasseur (traduit chez Actes Sud), où un héros solitaire et énigmatique traquait pour le tuer le dernier tigre de Tasmanie, l'Australienne Julia Leigh (née en 1970) a bénéficié du «Programme Rolex de mentorat artistique» : ainsi, en 2003, après avoir vécu en France, a-t-elle travaillé aux Etats-Unis auprès de son mentor, la prix Nobel Toni Morrison. Son deuxième roman, Ailleurs, était alors en route. Cent pages de prose sèche, glaciale, secouée d'obscénités imperturbables. La chaleur ne reviendra qu'à la fin.
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