Auteur : Pierre Kalfon
Date de saisie : 19/08/2008
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Demopolis, Paris
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-35457-010-1
GENCOD : 9782354570101
Sorti le : 25/08/2008
Ces chroniques chiliennes commencent avant l'élection du socialiste Allende, traversent dix-sept ans de dictature du général Pinochet et se prolongent jusqu'à nos jours. Correspondant à Santiago du journal Le Monde, Pierre Kalfon a vécu le meilleur et le pire, de sa rencontre avec Pablo Neruda au choc de son arrestation par les militaires. Il raconte de «petites histoires» qui éclairent la grande, restitue un climat, une géographie, les «choses vues» d'un pays passionnant vers lequel ont convergé les regards de la planète. Écrites d'une plume alerte, illustrées de ses articles de l'époque et de dessins de presse, ces chroniques se lisent d'un trait.
«Ce livre, ponctué d'anecdotes subtiles, est une vraie réussite.»
Le Monde
PIERRE KALFON, journaliste, professeur, écrivain et diplomate, a vécu un quart de siècle en Amérique latine. Le général Pinochet lui a fait l'honneur de l'expulser du Chili après le coup d'État de 1973. Il reviendra vingt ans plus tard, comme conseiller culturel à l'ambassade de France. Il est l'auteur de la biographie de référence de Che Guevara.
Les clés du paradis
Je me souviens du geste d'Amalia secouant de ses doigts d'orfèvre un trousseau de clés tintinnabulantes.
Elle m'offrait tout bonnement l'usage de sa maison de Cachagua, au bord de la mer et, pour s'y rendre, sa propre voiture, un véhicule des plus bizarres, comme il en existait alors seulement au Chili, une citroneta, mélange bâtard de 2 CV et de petite fourgonnette.
C'était en 1967, quelques jours à peine après avoir débarqué à Santiago. Je venais d'être affecté au service culturel de l'ambassade avant de passer à l'Université du Chili. En attendant que le déménagement et la voiture arrivent, je campais à l'hôtel, avec femme et enfants.
En venant de France, nous avions fait escale à Buenos Aires, le temps de revoir quelques amis argentins. Parmi eux, il y avait le dessinateur Oski - Oscar Conti de son vrai nom -, bourré de talent et d'humour, qui avait, entre autres, revisité sur le mode de la dérision savante l'histoire de l'Argentine. J'avais abondamment utilisé de réjouissants dessins d'Oski pour illustrer le livre que je venais de publier à Paris, sur l'Argentine. «À Santiago, va voir de ma part Amalia», m'avait intimé l'Argentin, en sirotant son maté. J'avais obtempéré.
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