Auteur : Fulvio Caccia
Date de saisie : 02/08/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : TRIPTYQUE, Montréal, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-89031-622-5
GENCOD : 9782890316225
Sorti le : 09/07/2008
Richard Killroy est un peintre en pleine crise. Alors qu'il se sépare de sa femme, leur fils David, 17 ans, entre en rébellion contre lui en intégrant un groupe de tagueurs adeptes d'un mystérieux jeu en ligne, meurtre inexpliqué de l'un des membres du groupe plonge David dans le désarroi. Pour se rapprocher de son fils, Richard tente d'élucider ce crime. Mais l'affaire se corse lorsque lui parvient une lettre étrange, telle une flèche tirée d'un passé qu'il ne soupçonnait pas.
Dans sa main, une bombe aérosol. Un sentiment irrépressible le conduisait a taguer son nom stylisé partout où il le pouvait. En traçant ses lettres sur la surface décrépite, quelque chose en lui cédait. Une lumière intérieure l'irradiait : il voyait très clairement un fleuve puissant et secret l'entraîner.
Fulvio Caccia a publié chez Triptyque plusieurs recueils de poésie dont Scirocco (1985) et Lilas (1998). en 1994, il obtenait le Prix du Gouverneur général du Canada pour Aknos (Guernica). Le secret, son précédent roman, terminait une trilogie comprenant La ligne gothique (2004) et La coïncidence (2005) déjà parus chez Triptyque.
Xan
L'iris bleu de David brillait. Un oeil encore insouciant, proche de l'enfance, mais qui déjà, dans sa manière de noircir, affirmait sa force mâle. L'adolescent mit ses mains en visière pour mieux scruter les murs délabrés. Midi.
Là, sur ces murs anonymes, foisonnaient des tags multicolores. Devenus lierre, hiéroglyphes phosphorescents, mosaïque, ils serpentaient jusqu'aux toits, à l'interstice des cheminées. Certains encore se dressaient sous les corniches tels des cobras avant de planter leurs crocs dans le cerveau distrait du passant.
L'endroit était interdit au public. Une longue clôture de tôle ondulée enserrait la friche industrielle qui s'ouvrait vers les bois, comme une serre chaude qui conserve ainsi ses spécimens les plus rares et les plus vénéneux. À l'intérieur, et bien que l'enceinte soit à l'air libre, l'atmosphère semblait soumise à l'étrange pression d'un vortex invisible qui aspire tout l'oxygène, rendant ainsi sa densité palpable. L'herbe folle qui poussait entre les murs des hangars désaffectés, le vent qui hululait dans les tôles disjointes, accentuaient cette sensation de fête suspendue, d'abandon, de tension.
À quoi cela tenait-il ? A la chaleur sans doute anormale de ce mois d'octobre, à l'effet de la lumière qui allongeait les ombres ou peut-être à cette impression d'attente flottant au-dessus du terrain vague - l'indétermination propre à ce qui change. Or ce lieu allait bientôt devenir le coeur palpitant du nouveau centre-ville de l'Orée du bois !
- Tu n'as rien remarqué ? demanda le garçon.
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