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La mue du serpent de terre

Couverture du livre La mue du serpent de terre

Auteur : Benoît Bouthillette

Date de saisie : 02/08/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : ÉDITIONS DE LA BAGNOLE, Longueuil, Canada

Collection : Parking

Prix : 15.95 € / 104.63 F

ISBN : 978-2-923342-25-2

GENCOD : 9782923342252

Sorti le : 01/03/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Par un lundi matin pluvieux, le corps dune vieille dame est retrouvé broyé entre les rails de la station Berri-UQAM, à la suite d'un suicide apparent, mais qui se révèle en fait le premier d'une série de meurtres qui seront commis dans les sombres couloirs du métro de Montréal. Héritier de l'enquête, l'inspecteur Benjamin Sioui mettra à contribution son esprit iconoclaste et sa verve légendaire pour débusquer le coupable tapi derrière ces actes d'abomination revendiqués au nom de la justice sociale.

Là où le rythme trépidant de La Trace de l'escargot procédait du rock industriel, le souffle envoûtant de La Mue du serpent de terre évolue selon les circonvolutions d'un jazz libre et inspiré.

«La table est jonchée de prospectus bien ordonnés, disposés en éventails, elle est décorée de ce qui pourrait bien constituer le strict minimum de rieurs requis pour être considéré comme un bouquet, des boîtes de soupe aux tomates reconverties accueillent les dons, trois ballons mornes flottent mollement au-dessus d'une scène assez désolante, le coin de nappe auquel on les a scotchés tire d'un bord, ça la rend toute croche. Autour de la table, des jeannettes de quatre-vingts ans s'activent à distribuer des dépliants, des vieux messieurs moustachus paradent fièrement sous leur béret, le torse bombé épingle de médailles, ça sent le bon entrain et la jeunesse perdue.»

Ce qu'on a dit à propos de son style :
«L'écriture de Benoît Bouthillette est mouvement, emportement, incantation, tsunami.

Laurent Laplante, Nuit blanche, hiver 2005-2006

Benoît Bouthillette est né en 1967. Publié en 2005, son premier roman, La Trace de l'escargot, reçoit le prix Saint-Pacôme du roman policier. L'automne 2007 marque le retour de l'inspecteur Benjamin Sioui, dont le flair est mis à l'épreuve dans La Nébuleuse du Chat, un roman policier conçu pour les lecteurs de tous âges.





  • Les premières lignes

Les yeux blancs d'effroi du serpent qui s'approche

Ça a commencé par une note de suicide. Une bien mau­vaise note, si on doit se fier au hurlement bougon émis par mon adjoint et ami, l'enquêteur Grigori Turgeon, éternel air bête du matin qui sortirait à chaque jour et péniblement de la torpeur d'une trop longue hibernation, oui, The Great One, canté de tout son poids contre le télécopieur, espèce de grizzly pataud qui aurait distraitement oublié ce qu'il était en train de faire, nommément tenter de se débarrasser des parasites ayant troublé son sommeil, en se grattant contre une quelconque surface, indifféremment de sa nature mais pour autant qu'elle fût la première à se présenter, oui oui, avec emploi de l'imparfait du subjonctif, on en était à cet instant confus du réveil où tous les temps de verbes s'entremêlent et sont encore possibles, dans le regard de l'animal cerné. Mon irascible ami, mon frère, les Anciens appelaient le grizzly «le frère de l'humain», qui se tenait là, à la fois éberlué et absorbé par le vide, surpris dans tous ses états et par tout, à commencer par lui-même, alors que s'éveillait douloureusement en lui la conscience intime et prégnante de sentir sa carcasse le meurtrir à mesure que son âme la rejoignait, un verre de café tiédasse à la main, hésitant à poser ses lèvres sur le rebord du contenant tant il était persuadé que le contenu douteux jamais n'arriverait à le débarrasser de sa gueule de bois... Ça avait été plus fort que lui, c'était sorti comme un bramement mélancolique et exaspéré, une plainte issue des entrailles de la Terre, quand Josée, notre fidèle réceptionniste, lui avait tendu le communiqué émanant d'un quotidien montréalais, et qui nous annonçait avoir été avisé par courriel des ultimes motivations de la victime (mais est-on jamais victime de suicide ?), à savoir une Même édentée, retrouvée désarticulée entre les rails de la station Berri-UQAM, par un lundi matin pluvieux, peut-on imaginer pire, au lendemain de Pâques, ou de ce qu'il en restait.


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