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L'art de la fugue

Couverture du livre L'art de la fugue

Auteur : Guillaume Corbeil

Date de saisie : 02/08/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : L'INSTANT MÊME, Québec, Canada

Collection : Nouvelles

Prix : 21.35 € / 140.05 F

ISBN : 978-2-89502-253-4

GENCOD : 9782895022534

Sorti le : 31/12/2099


  • La présentation de l'éditeur

J'aurais voulu partir et être le spectateur de mon propre départ, pour me regarder disparaître à l'horizon, debout sur le quai de la gare et en même temps assis dans le train, pour me voir rapetisser à mesure que le train s'éloignerait, jusqu'à me perdre de vue et disparaître, trop loin.

L'art de la fugue tient notamment de la répétition : les auditeurs prennent plaisir à la réapparition du sujet originel, la relance des voix, les modifications de texture qu'elles permettent, ainsi qu'aux subtiles inversions du contre-sujet. Chez Guillaume Corbeil, la fuite se confond volontiers à la poursuite : il n'est pas toujours possible de distinguer ce qui est devant de ce qui est derrière. Cherchant à se semer eux-mêmes, les personnages n'arrivent parfois qu'à revenir sur leurs pas et à se glisser dans des phrases familières. Les lecteurs prendront plaisir à la réapparition des motifs, aux échos diffractés, au jeu du mensonge et de la vérité qu'ils permettent. L'art de la fugue tient en haleine.





  • Les premières lignes

Extrait du prologue :

Aria

Je viens tout juste de cesser d'écrire. Pendant des années je me suis réfugié dans toutes ces fictions que j'écrivais, comme derrière des murs que j'aurais érigés autour de moi pour me cacher. Mais aujourd'hui tout s'est effondré, et me voilà sans masque ni costume ni rien. Je me suis empressé d'essayer de les remettre en place : je me suis glissé sous eux et, pour ne pas me rompre le dos, j'ai déplié les genoux lentement. Rien à faire, ils pesaient trop lourd pour une seule personne. Et ils sont retombés. Ma dernière chance était sans doute de me laisser tomber moi aussi et de faire le mort, pour qu'en me regardant comme ça, étendu sur le sol, les bras de chaque côté du corps, on me prenne pour l'un d'eux. C'était ma fiction le squelette de ma personne. Elle, la charpente qui parvenait à me faire tenir debout. Il est donc normal qu'aujourd'hui je périsse avec elle. Ou plutôt comme elle. Que je périsse parce qu'elle a péri. Normalement je serais déjà en train de mettre en scène un autre personnage, de transformer ma voix pour le faire parler, mais maintenant que tu es partie, je refuse de faire diversion et d'encore une fois me défiler.


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