Auteur : Jacques Augendre
Préface : Raymond Poulidor
Date de saisie : 22/07/2008
Genre : Sports
Editeur : B. Pascuito éditeur, Paris, France
Prix : 10.00 € / 65.60 F
ISBN : 978-2-35085-052-8
GENCOD : 9782350850528
Sorti le : 12/06/2008
Anquetil-Poulidor : ce match est un épisode majeur de l'histoire du Tour de France et du cyclisme contemporain. Abordé sous tous ses aspects (sportif, social, psychologique), il constitue le thème d'un ouvrage qui évoque une époque cruciale de l'épopée cycliste à travers la confrontation de deux monstres sacrés qui s'opposaient dans tous les domaines. La rivalité Anquetil-Poulidor est à la fois une formidable aventure sportive et une remarquable histoire d'hommes, une «dramatique» extravagante, tantôt pathétique, tantôt cocasse, souvent incertaine et toujours palpitante.
La duel mémorable que se livrèrent les deux meilleurs routiers du moment, durant les années 1960, se déroula sur le terrain et dans la coulisse.
Il coupa la France en deux, dressa les poulidoristes contre les anquetilistes dans une atmosphère de guerre civile, et connut des prolongements invraisemblables.
Ce choc surréaliste brisa des amitiés, provoqua des divorces et déchaîna les passions au point d'enflammer tout un pays.
Un tel affrontement, comparable à celui qui embrasa l'Italie au temps de Coppi-Bartali, déborda largement le cadre du sport. On y verra l'antagonisme de deux tempéraments, de deux styles, de deux modes de vie et de pensée, mais aussi le combat inégal de Superman contre le champion qui incarne le Français moyen ; du vainqueur insolent contre le malchanceux héroïque.
Jacques-la-Baraka d'un côté, Poupou-la-Scoumoune de l'autre. Les deux protagonistes de cette rivalité idéale se réconcilièrent sur le tard, parce que la conjoncture s'y prêtait, mais surtout parce que, sans l'avouer, ils s'estimaient. Le mot de la fin appartient à Jacques Anquetil, qui prononça cette phrase chargée d'émotion avant de mourir : «Nous avons perdu quinze ans d'amitié.»
L'AUTEUR
Il a été surnommé «la mémoire du Tour». Jacques Augendre, quatre-vingt-deux ans, est le plus glorieux et le plus ancien journaliste expert en cyclisme. Il a couvert cinquante-cinq Tours de France, et il assistait déjà à la première victoire de Fausto Coppi dans la Grande boucle. Journaliste à l'Équipe, Le Midi-libre et au Monde, il est l'auteur de plusieurs livres qui font référence et dans lesquels éclate tout son talent d'écriture. Antoine Blondin, un singe en été (L'Équipe, 2005), Grand prix de la littérature sportive en 2006.
Une rivalité pathétique
C'étaient les années soixante, c'étaient les années Anquetil-Poulidor. En ces temps de turbulences et d'interrogations, les nerfs sont à vif. Les passions exacerbées alimentent la menace d'une déflagration dévastatrice et les détonateurs se multiplient comme les mauvaises herbes. De Gaulle est un président en sursis. Au quartier latin, les étudiants se préparent à descendre dans la rue. Le paquebot France, la fierté du Général, prend la mer pour un voyage incertain. Les Américains s'engagent au Vietnam et préparent le débarquement sur la Lune. Kennedy tombe à Dallas, assassiné par un tueur mystérieux. Edith Piaf chante Je ne regrette rien et meurt peu après. Le même jour que Jean Cocteau.
Dans ce contexte chargé d'événements considérables, deux champions cyclistes font la une des journaux. Il est vrai que Maître Jacques et Poupou, deux surnoms qui symbolisent leurs différences, s'affrontent surtout dans le Tour de France, la plus prestigieuse épreuve cycliste du monde, la plus populaire aussi, dont Tristan Bernard disait qu'elle installe la nation sur le pas de la porte.
Depuis la conquête de la Gaule par les Romains, la France a beaucoup emprunté à l'Italie et le cyclisme a rapproché les soeurs latines qui ont définitivement tourné la page sur la période des soeurs fâchées, pour se réconcilier autour de leurs champions. Les deux pays se sont retrouvés sur la même longueur d'ondes, réunifiés par leur culture commune. De chaque côté des Alpes, l'actualité s'est nourrie d'aventures comparables.
Après l'affrontement Coppi-Bartali qui devait embraser la péninsule pendant près de quinze ans, la rivalité Anquetil-Poulidor déchira la France aussi sûrement que peut le faire la politique. Avant cela, nous avions assisté au duel Bobet-Robic, mais l'affrontement des deux Bretons, activé par un esprit régionaliste hypertrophié, ne saurait être comparé au conflit qui oppose le grimpeur limousin au rouleur normand. C'est l'exemple parfait de la rivalité intégrale, absolue. Dans ce domaine, on atteint des sommets.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli