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Marie-Antoinette, la rose écrasée

Couverture du livre Marie-Antoinette, la rose écrasée

Auteur : Gerald Messadié

Date de saisie : 12/07/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Archipoche, Paris, France

Collection : Archipoche, n° 65

Prix : 8.50 € / 55.76 F

ISBN : 978-2-35287-089-0

GENCOD : 9782352870890

Sorti le : 25/06/2008


  • La présentation de l'éditeur

De Marie-Antoinette, l'opinion s'est forgé le portrait d'une reine éprise de plaisirs, dont l'égoïsme déclencha la colère populaire. Mais Mirabeau avait vu juste : «Le roi n'a qu'un homme, c'est sa femme.» Coupable idéale, calomniée et caricaturée par les intrigants, avant de l'être par l'Histoire, la reine périt broyée par une machine infernale que même le roi n'avait pu arrêter.

Conspiration avec des puissances étrangères, recours à des agents secrets, dilapidation des finances nationales, cocarde tricolore foulée aux pieds... Les chefs d'accusation énoncés par les «défenseurs du peuple» ne laissaient guère d'espoir à la «veuve Capet». Depuis plusieurs jours, la reine souffrait d'une hémorragie qui la vidait de ce sang dont les Parisiens étaient avides. Ils n'en furent pas privés : à midi et quart, le 16 octobre 1793, place de la Révolution, le couperet trancha la rose d'Autriche... La France en avait fini avec la monarchie ; en avait-elle fini avec le sang ?

Sans complaisance idéologique, Gerald Messadié reconstitue la vie quotidienne de la cour et de la France aux premières années de la Révolution. Il réhabilite une femme à la fois reine, épouse, mère, amante et conseillère politique.

Romancier, historien et essayiste né au Caire en 1931, Gerald Messadié est l'auteur de trois fresques historiques publiées aux éditions Archipoche : Jeanne de l'Estoille (2006), Orages sur le Nil (2007) et Saint-Germain, l'homme qui ne voulait pas mourir (2008).





  • Les premières lignes

Pourquoi l'ange devint maussade

Ce 21 mai 1770, un ange qui, du haut des airs, aurait aperçu le cortège quittant Vienne, eût froncé les sourcils. Peste ! Cinquante-sept voitures tirées par trois cent soixante-seize chevaux ! Qui donc enterrait-on ? Et dans ce cas, où était le corbillard ?
S'il avait voltigé à hauteur de ces équipages, il aurait dénombré cent trente-deux personnes. Mais quoi, des domestiques, pages, laquais, gardes du corps, femmes de chambre, coiffeurs, chirurgiens, secrétaires, dames d'honneur ! Dans la première voiture, un personnage pétri de suffisance, le prince Stahremberg, commissaire évidemment impérial de Sa Majesté impériale Marie-Thérèse d'Autriche, et l'abbé de Vermond, lecteur et confesseur du roi de France, chargés d'escorter une certaine voyageuse de Vienne à Paris. Celle-ci, dans la deuxième voiture, était une demoiselle de quatorze ans et demi, mince et droite, dont une mousse de cheveux blonds nimbait les roseurs : l'archiduchesse Antonia. Une des filles de Sa Majesté impériale, qui supportait les cahots sans trop de patience.
Il ne faut pas se hâter de juger les filles sur leur joliesse, et la jouvencelle réclamait encore plus la prudence.
Elle était née le Jour des morts, c'est-à-dire celui de tous les saints. Inquiétant présage quand on connaît le nombre de martyrs qui en illustrent le calendrier.
Antonia était promise par sa mère Marie-Thérèse à un glorieux destin ; elle en avait pourtant envisagé un plus souriant. Jadis, quand un jeune musicien prodige, Wolfgang Gottlieb - plus tard Amadeus, aimé de Dieu, Mozart, était venu jouer à la cour, elle s'en était éprise. Car Antonia, à l'instar de son père François, adorait la musique et les musiciens. Et ce Mozart était tellement gracieux ! À la fin du petit concert, ils s'étaient juré l'un l'autre de se marier.
Les courtisans avaient ri de ces serments d'enfants. Antonia ignorait alors que les princesses n'épousent pas qui elles veulent et encore moins des musiciens. Pourtant...
Elle y songeait encore quand elle plongea la main dans le panier de biscuits qui faisait partie des provisions de route : des gaufrettes aux violettes cristallisées dans le sucre.
Elle se croyait née en Autriche. Erreur : elle était née dans une autre époque.


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