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Les mines antiques : la production des métaux aux époques grecque et romaine

Couverture du livre Les mines antiques : la production des métaux aux époques grecque et romaine

Auteur : Claude Domergue

Date de saisie : 05/07/2008

Genre : Histoire

Editeur : Picard, Paris, France

Collection : Antiqua

Prix : 43.00 € / 282.06 F

ISBN : 978-2-7084-0800-5

GENCOD : 9782708408005

Sorti le : 17/06/2008


  • La présentation de l'éditeur

La mise en valeur des gisements métallifères et la production des métaux ont joué un grand rôle dans le développement des anciennes civilisations. Ce livre traite de ces questions dans les mondes grec (principalement Athènes) et romain. Pour chacun des métaux exploités - or, argent, plomb, cuivre, étain, fer - il établit l'inventaire et la chronologie des principales mines et régions minières alors en activité. Il cherche à montrer comment les Anciens se sont constitué une géologie minière en s'appuyant à la fois sur l'observation et sur l'expérience. Il décrit les techniques qu'ils ont conçues pour l'exploitation tant des mines souterraines que des gisements superficiels (principalement les dépôts alluviaux aurifères), et qui suscitent aujourd'hui encore l'admiration des hommes de l'art : ainsi de l'époque romaine date l'apparition des premières machines dans les mines. Des textes et des inscriptions aident à comprendre comment les mines, principalement celles du domaine public, étaient gérées et de quelle façon elles rapportaient aux caisses de l'État. En l'absence de statistiques, il est difficile d'apprécier les volumes de production et l'impact de cette activité sur les économies antiques. Seuls les vestiges et les découvertes archéologiques (densité des travaux miniers et des sites métallurgiques, épaves chargées de lingots de métal), souvent alliés aux techniques de l'archéométrie, permettent de s'en faire une idée. Des cartes, des tableaux et de nombreuses photographies et dessins illustrent l'ouvrage.



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  • Les premières lignes

Avant-propos :

Auri sacra fames ! (Virgile, Enéide, 3, 57)

«Funeste soif de l'or !» L'interpellation virgilienne ne peut mieux stigmatiser l'appétit de richesse qu'en évoquant l'or, roi des métaux et leur symbole, car, dans l'Antiquité, ils furent tous - argent, cuivre, étain, fer, or, plomb - à un moment ou à un autre, pour un motif ou pour un autre, des métaux précieux, recherchés avec un égal acharnement. Dans les pages qui suivent, on le constatera à l'envi. On considérera les travaux qu'a suscités le désir de leur possession, vastes cavernes souterraines ou gigantesques terrassements à fleur de sol, qui témoignent chacun de l'ardeur des mineurs à extraire minerais et métaux de leurs gisements. On admirera les machines qu'ils surent adapter au monde souterrain pour descendre au plus profond des filons; elles sont les meilleurs exemples que l'on puisse opposer à ceux qui prétendent que les Anciens furent indifférents au progrès technique.
La passion des métaux est à double face. En ce sens, l'épithète de sacer appliquée par le poète à la soif de l'or la qualifie à merveille, car les métaux attirent et repoussent à la fois. C'est le propre de ce qui est sacré. Or, par le mystère de leur genèse, les métaux appartiennent au sacré. D'un côté, ils ont eu des effets bénéfiques, ils ont ainsi participé à l'évolution de l'humanité, ce que marquent des appellations comme «âge du Cuivre», «âge du Bronze», «âge du Fer», qui désignent, avec une assez grande justesse, les étapes décisives de l'histoire humaine. D'autre part, les métaux sont aussi néfastes : avec le fer, on forge aussi bien des armes que des outils. Laissons aux philosophes les considérations morales sur les ravages que la soif des métaux exerce dans l'âme humaine; dans l'Antiquité, ils l'ont fustigée largement. Mais considérons plutôt les effets que les arts de la mine et de la métallurgie ont eus sur la nature. On voit aujourd'hui encore les plaies qu'ici ou là, les premiers travaux miniers ont infligées à la croûte terrestre; quant aux traces de la première pollution par le plomb et le cuivre conservées dans les glaces du Groenland, elles montrent que les métallurgistes de l'Antiquité ont été les premiers à porter atteinte à l'équilibre de la planète. Les époques qui ont suivi n'ont fait qu'accroître cette tendance. Démesurément.
Le sous-titre de l'ouvrage marque clairement les limites géographiques et chronologiques de mon propos : les époques grecque et romaine. Je ne ferai aux périodes précédentes que les allusions indispensables, et je laisserai de côté, sauf ponctuellement, l'Egypte et le Proche-Orient, qui constituent d'autres mondes.
Je suis redevable à nombre de personnes de l'aide qu'elles m'ont prodiguée au cours de la rédaction de ce livre. Ne pouvant toutes les énumérer et de peur d'en oublier, je les remercie collectivement.


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