Auteur : Daniel Clement Denett
Traducteur : Claude Pichevin
Date de saisie : 03/07/2008
Genre : Philosophie
Editeur : Eclat, Paris, France
Collection : Tiré à part
Prix : 24.00 € / 157.43 F
GENCOD : 9782841621620
Sorti le : 21/05/2008
La conscience est un champ de bataille où s'affrontent les idées, en un tumulte sur lequel planent encore, après des siècles, les ombres du Théâtre Cartésien. Les certitudes en apparence les plus fortes continuent de dispenser un brouillard que Daniel Dennett s'efforce allègrement de dissiper en s'attaquant aux contresens ou aux pseudo-évidences dont la plupart des débats sont inutilement encombrés. Abandonnant le rêveur à ses rêves et le magicien à sa magie, Daniel Dennett poursuit ici, après La Conscience, expliquée, une entreprise de clarification qui tourne le dos aux convictions les plus tenaces, en faisant appel à un modèle qui ne s'en laisse pas conter, celui de la «célébrité dans le cerveau». «Dans le cerveau, pas de Roi, pas de Contrôleur officiel des programmes de la télévision d'État», écrit-il. La démocratie et l'anarchie y sont autrement plus actives et efficaces. La conscience n'est pas un «médium de représentation. Elle a bien plus d'affinités avec le monde de la célébrité qu'avec celui du médium télévisuel».
Daniel C. Dennett dirige le Center for Cognitive Studies de Tufts University. Il est l'auteur de nombreux ouvrages pour la plupart traduits en français : La Stratégie de l'interprète (Gallimard, 1990), La Conscience expliquée (Odile Jacob, 1993), Darwin est-il dangereux ? (Odile Jacob, 2000), Une théorie évolutionniste de la liberté (Odile Jacob, 2004).
Daniel Dennett, c'est le Diable..." Cette exclamation de Burton Voorhees, respectable professeur de mathématiques à l'université d'Athabasca, est sans doute un peu exagérée. Mais à considérer la radicalité dont fait preuve celui qu'elle vise, il n'est pas exclu qu'elle présente un fond de vérité... La parution de De beaux rêves, dans lequel Dennett répond à certaines objections et entreprend de dissiper les songes philosophiques qu'il estime être à leur racine, offre une occasion de revenir sur la pensée d'un auteur crucial. Les positions philosophiques de cet auteur aussi stimulant que controversé sont influencées à la fois par le naturalisme de W.V.O. Quine, qui avance que ce qui touche à "l'esprit" peut être compris et expliqué comme n'importe quel autre phénomène naturel - "nous sommes tous faits, écrit-il avec son sens habituel de la provocation, de robots dépourvus d'esprit et de rien de plus" -, et par la philosophie du langage ordinaire (L. Wittgenstein, J. Austin, G. Ryle...) qui le conduit à prendre néanmoins en compte la manière particulière dont nous formulons et interprétons ce qui se passe en nous...
En somme, répondre avec Dennett à l'antique impératif socratique du "Connais-toi toi-même" exige d'accepter l'idée, jugée déprimante par beaucoup d'esprits encore pieux, que nous ne sommes rien d'autre que nos cerveaux... plus les illusions que se font nos cerveaux quant à ce qu'ils sont.
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