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Jonas : habiter le monde

Couverture du livre Jonas : habiter le monde

Auteur : Robert Theis

Date de saisie : 03/07/2008

Genre : Sciences humaines et sociales

Editeur : Michalon, Paris, France

Collection : Le bien commun

Prix : 10.00 € / 65.60 F

ISBN : 978-2-84186-434-8

GENCOD : 9782841864348

Sorti le : 19/06/2008


  • La présentation de l'éditeur

Jonas

L'oeuvre de Hans Jonas (1903-1993) est portée par une idée maîtresse : l'homme, en tant qu'habitant du monde, a une responsabilité à l'égard de celui-ci et de son avenir. Partant de son étude de la gnose, le philosophe allemand va tenter de penser la biologie, ce qui le conduira, dès les années cinquante, à une réflexion approfondie sur la technique, en rapport avec certaines pratiques médicales. Jonas se rend compte alors de l'urgence d'une nouvelle éthique pour l'ère technologique. Le Principe responsabilité, paru en 1979, constituera la synthèse systématique de cette réflexion : son constat que «la promesse de la technique moderne s'est inversée en menace, ou bien que celle-ci s'est indissolublement liée à celle-là» contraint à repenser l'éthique. Jonas s'engage alors dans une entreprise de fondation de cette nouvelle éthique de la responsabilité, notamment à l'égard des générations futures.

Spécialiste de Kant et de la pensée des Lumières, Robert Theis est professeur de philosophie à l'Université du Luxembourg et à l'Université de la Sarre.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

Dans une conférence prononcée en 1986, Hans Jonas distingue trois phases dans son parcours théorique :
«Le travail sur la gnose antique sous l'angle de l'analyse de l'existence ; ensuite la rencontre avec les sciences de la nature sur le chemin vers une philosophie de l'organisme ; enfin le tournant de la philosophie théorique vers la philosophie pratique - c'est-à-dire l'éthique -comme réponse au défi devenu de plus en plus pressant de la technique».
Ceci devrait être complété par une quatrième étape, qui s'affirme dans plusieurs textes des années quatre-vingt, mais dont on trouve les prémisses dans plusieurs articles des années soixante, que l'on pourrait qualifier de «conjectures métaphysico-théologiques».
Notre plan est donc tout trouvé : notre reconstruction de la pensée de Jonas sera génétique et systématique dans la mesure où elle entend mettre en lumière comment l'oeuvre entière de Jonas est portée par une idée maîtresse : l'habitabilité de l'homme dans le monde. Micha Brumlik ramène l'oeuvre de Jonas à une «révolte contre la fuite hors du monde». Même si Jonas affirme que sa philosophie ne commence pas avec ses recherches sur la gnose, mais avec l'effort de penser la biologie, on ne peut pas faire l'économie de ses études sur la gnose. Nous pensons, au contraire, que toute sa pensée en découle.
Si les études de jeunesse sur la gnose mettent en lumière le profond dualisme anticosmique imprégné d'une tendance à la «démondanisation» (Entweltlichung) de l'homme, Jonas répond par une philosophie de la vie dont la pointe va précisément consister dans la démonstration de la profonde inscription de l'esprit et de la liberté dans le tissu même d'une nature qui porte en elle la tendance à la vie et à la conscience. Ce sera encore cette philosophie de la biologie qui, à l'autre bout, conduira Jonas, dès les années cinquante, à une réflexion approfondie sur la technique, d'abord dans le contexte de problèmes en relation avec certaines pratiques médicales. Jonas se rend compte alors de l'urgence d'une nouvelle éthique pour l'ère technologique. Le Principe responsabilité, paru en 1979 et rédigé d'ailleurs en langue allemande (à l'opposé de la plupart des travaux sur la biologie philosophique, parus en anglais) constituera la synthèse systématique dans cette réflexion : son constat que «la promesse de la technique moderne s'est inversée en menace, ou bien que celle-ci s'est indissolublement liée à celle-là» contraint à repenser l'éthique. Jonas s'engage dans une entreprise de fondation de cette nouvelle éthique de la responsabilité, notamment à l'égard des générations futures. Il cherche le principe de l'éthique dans une métaphysique voire une ontologie dont l'idée de l'homme forme une partie, s'opposant par là à ce qui constitue, du moins depuis Hume, un des axiomes de la réflexion éthique et commettant délibérément le péché de la naturalistic fallacy, du passage de l'être au devoir-être. Il est vrai que le succès du Principe responsabilité ne repose pas tellement sur ces considérations théoriques, qui n'ont pas toujours convaincu, mais plutôt sur le fait que l'ouvrage répondait à un souci voire aux appréhensions croissantes d'un public devenu de plus en plus sensible aux problèmes environnementaux.


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