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Blum : un juriste en politique

Couverture du livre Blum : un juriste en politique

Auteur : Jérôme Michel

Date de saisie : 03/07/2008

Genre : Sciences humaines et sociales

Editeur : Michalon, Paris, France

Collection : Le bien commun

Prix : 10.00 € / 65.60 F

ISBN : 978-2-84186-435-5

GENCOD : 9782841864355

Sorti le : 19/06/2008


  • La présentation de l'éditeur

Blum

La pensée politique de Léon Blum (1872-1950) a puisé largement à la source du droit. Sa réflexion revêt une dimension juridique primordiale qu'il s'agit de mettre en lumière : la République, identifiée par la défense des libertés publiques fondamentales, le socialisme, comme projet d'un droit de réparation des désordres du monde, la démocratie enfin, dans sa double dimension nationale et internationale, soumettant le socialisme aux contraintes de la pluralité. Malgré la haine qui ne cessa de faire une sombre escorte au cheminement de Léon Blum, malgré tous les démentis que le siècle a pu lui infliger, malgré la sinistre parodie du procès de Riom, malgré les prisons et Buchenwald, le maître mot de ce parcours est l'espérance. De cet héritage, nous voudrions ici dégager ce qui pourrait bien en être le fil conducteur, à savoir le souci du droit et de la justice sociale.

Jérôme Michel, né en 1966, est maître des requêtes au Conseil d'État et professeur associé à l'université de Lyon 3 - Jean Moulin.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

Le juriste et son siècle : espérer en de sombres temps

«Plus une vie d'homme manifeste d'intérêts et moins elle peut être close sur soi : en effet, plus elle noue de rapports avec d'autres vies, plus elle est traversée par, entraînée dans ces autres, plus elle prend part à des entreprises et à des tâches qui ne partent pas d'elle et n'ont pas en elle leur aboutissement.»

Jan PATOCKA

Léon Blum est, après Jean Jaurès, un des principaux leaders historiques du socialisme français ; chef du gouvernement du Front populaire, il est associé dans la mémoire nationale à P«embellie» de l'été 1936, aux premiers congés payés, aux lois sociales votées dans la foulée des accords Matignon, aux «routes couvertes de ces théories de tacots, de motos, de tandems, avec des couples d'ouvriers vêtus de pull-overs assortis et qui montraient que l'idée de loisir réveillait même chez eux une espèce de coquetterie naturelle et simple».
Malgré la haine qui ne cessa de faire une sombre escorte au cheminement de Léon Blum, malgré tous les démentis que le siècle a pu lui infliger, malgré la sinistre parodie du procès de Riom, malgré les prisons et Buchenwald, le maître mot de ce parcours est l'espérance. C'est d'ailleurs cette incroyable fraîcheur dans l'espérance qui stupéfia Emmanuel Levinas : «Un homme en prison continue à croire en un avenir irrévélé et invite à travailler dans le présent pour les choses les plus lointaines auxquelles le présent est un irrécusable démenti. Il y a une vulgarité et une bassesse dans une action qui ne se conçoit que pour l'immédiat. C'est-à-dire, en fin de compte, pour notre vie. Et il y a une noblesse très grande dans l'énergie libérée de l'étreinte du présent. Agir pour des choses lointaines au moment où triomphait l'hitlérisme, aux heures sourdes de cette nuit sans heures - indépendamment de toute évaluation de forces en présence - c'est, sans doute, le sommet de la noblesse.» Les derniers mots du dernier article publié par Léon Blum, la veille de sa mort dans Le Populaire, consacré aux problèmes salariaux des ouvriers, sonnent comme la formule testamentaire de son héritage : «Je l'espère et je le crois. Je le crois parce que je l'espère.»


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