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La partition

Couverture du livre La partition

Auteur : Felipe Hernandez

Traducteur : Dominique Blanc

Date de saisie : 29/08/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Verdier, Lagrasse, Aude

Collection : Otra memoria

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-86432-541-3

GENCOD : 9782864325413

Sorti le : 25/08/2008


  • La présentation de l'éditeur

Un jeune compositeur, José Medir, survit en donnant des leçons de piano dans une famille bourgeoise, jusqu'au jour où l'ancien directeur du conservatoire, un curieux personnage devenu le maître incontesté de l'Auditorium de la ville, s'intéresse soudain à lui.

Il lui commande une étrange partition dont il se réserve l'exclusivité. Le jeune musicien à l'oreille exceptionnelle se trouve alors inexorablement happé par un tourbillon dans lequel vont être entraînés son ami d'enfance victime d'un mal qu'il veut garder secret, les deux jeunes filles qu'il aime et tous les êtres qu'il est amené à rencontrer dans sa vie désormais habitée par l'urgence d'une création musicale aussi douloureuse que tyrannique.

Au rythme des péripéties, des fils se nouent entre des destinées apparemment étrangères les unes aux autres, qui tous conduisent au couple formé par le commanditaire de la partition et son âme damnée, le garde forestier, qui organise de mystérieux combats de chiens au profit de son maître tout en veillant jalousement sur lui.

Felipe Hernández excelle à mener l'intrigue d'un roman qui n'est ni simplement réaliste ni délibérément fantastique, et qui est aussi une réflexion sur la création.

Roman. Traduit de l'espagnol par Dominique Blanc





  • Les premières lignes

Sons

Sans son extrême sensibilité aux bruits, José Medir n'aurait pas été pris dans les filets de Ricardo Nubla. En réalité, tous les événements de sa vie avaient été déterminés par un sentiment d'impuissance face au chaos sonore qui l'environnait. Et Ricardo Nubla n'était qu'un élément de cette réalité hostile qu'il avait tenté sans succès de considérer comme de la musique.
José n'avait pas toujours eu conscience de ses possibilités audi­tives. Dans son enfance, il avait souffert de la violence des voix humaines et des bruits mécaniques comme d'une douleur sourde et non localisable qui l'obligeait à rechercher les recoins les plus silencieux de sa maison. Plus tard, il fréquentera la musique à la façon de certains animaux domestiques qui reviennent sans cesse vers les mêmes lieux sans qu'il soit possible de saisir la raison de cette fixation.
Cet après-midi de septembre, tandis qu'il se dirigeait vers la maison des Broch pour y donner ses cours de piano, la présence des sons était devenue si vive qu'il les ressentit comme une prémonition. Parfois, il pouvait visualiser un objet dans le lointain en entendant simplement une note ou un timbre sonore. Il percevait sa forme isolée et précise, et il était intimement persuadé d'anticiper la réalité de l'objet non seulement dans l'espace mais aussi dans le temps. Peut-être cet après-midi-là entendait-il ce que serait son avenir à travers les sons qui entouraient la maison des Broch. Car, bien qu'il n'en soit pas encore conscient, un son différent, encore impossible à identifier, était venu s'ajouter aux bruits habituels. Il n'avait perçu qu'une vibration grave, sans doute le bruit d'un moteur qui tournait en rond dans le lotissement, mais ce bruit avait suffi à le perturber. À en juger par ses aboiements, Néron, le chien des Broch, était lui aussi saisi par l'inquiétude.


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