Auteur : François d' Humières
Préface : Isabelle Rozenbaum
Illustrateur : Isabelle Rozenbaum | Photographies de Christian Sarramon
Date de saisie : 01/07/2008
Genre : Guides Tourisme, Voyages
Editeur : Chêne, Paris, France
Prix : 35.00 € / 229.58 F
ISBN : 978-2-84277-832-3
GENCOD : 9782842778323
Sorti le : 11/06/2008
Il y a les terrasses de Saint-Germain-des-Prés, les tours de Notre-Dame dans le ciel de juin, le reflet d'une femme dans une vitrine et les nappes blanches des grands restaurants ! Des champs de lavande et des vignes bien peignées, des châteaux le long de la Loire et des abbayes sereines - Il y a les marchés de Noël en Alsace, le pastis sous la tonnelle et le souvenir de Marie-Antoinette à Versailles.
Il y a la France - Des milliers de sensations, d'impressions, de souvenirs que ressuscite cet album magnifique.
Isabelle Rozenbaum
Isabelle Rozenbaum a réalisé d'innombrables photographies culinaires et de mise en scène pour des sociétés prestigieuses des arts de la table, mais aussi pour la presse - notamment pour Vogue, Fémina, Notre Temps, Where... - ainsi que pour la photothèque PhotoAlto.
Christian Sarramon
Photographe bien connu des magazines de décoration et des éditeurs de beaux-livres, il a notamment réalisé, aux Editions du Chêne, les photographies des Jardins de nos grands-mères (2003). Christian Sarramon a réaliser les photos d'une cinquante d'ouvrages de décoration ou d'art de vivre, principalement chez Flammarion.
François d'Humières
Professeur de Lettres, il tente de transmettre à ses élèves son amour pour la culture française, ses richesses et sa grande diversité. Amateur de balades, il prépare son prochain voyage, impatient de faire de nouvelles rencontres au détour d'un village de France ou d'une plage de la baie d'Along.
Du château de Peyrepertuse, on aperçoit au loin celui de Quéribus et son impressionnant donjon. La vue est grandiose : la mer et les Pyrénées au loin, presque à perte de vue, dans le soleil levant. Avoir le jour poindre sur ces lieux presque intacts, emplis de recueillement et de pureté, on a l'impression saisissante d'assister à l'aube du premier matin du monde. Il faut s'accrocher au parapet : la force brutale du vent qui cingle le corps et la proximité du vide béant donnent le vertige. Le pays cathare est plein d'innombrables promontoires et de moments durant lesquels le temps paraît suspendu. De silence aussi. Les routes sont montagnardes et quasiment désertes. On progresse lentement. Derrière chaque virage (et il y en a !) se déroule un paysage sauvage et escarpé. Un peu plus bas, un village fortifié sur lequel se dresse un château fort médiéval. La place était jadis «inexpugnable». L'accès en est malaisé, en effet. La présence de l'homme y est davantage perceptible aujourd'hui, mais à peine.
C'est toujours le sentiment d'une quiétude que les fortifications gardent de toute agitation, d'un repos éternel blotti dans de longs bras de pierre. Il est aux alentours de neuf heures. Il y a bien quelques commerçants qui commencent à ouvrir leur devanture. La terrasse du café, traversée çà et là par des rayons de soleil, est une tache d'ombre que portent sur elle deux tours immenses du château. Un homme d'une soixantaine d'années s'y tient assis, le coude posé sur une table où reposent une tasse de café, un verre de jus d'orange, quelques journaux et un trousseau de clés : Alain, ancien directeur d'une école d'Arles, qui coule une retraite paisible (le mot «retraite» convient si bien à ces lieux !) en terre cathare. Un voyageur d'une autre espèce, en quelque sorte. L'appartenance à cette vaste confrérie délie les langues et permet d'engager la conversation. Il est charentais d'origine, venu en Provence par amour, retiré là parce que «le silence est un luxe trop rare». Il est volubile, pourtant. Il évoque en souriant son temps des secrets : son enfance à Jarnac, avec le petit arpent de vignes gorgées de soleil, les betteraves que cultivait son grand-père, et avec lesquelles il nourrissait les quelques vaches qu'il possédait, la ferme, modeste, de «construction basse» -c'est qu'ils n'avaient pas le sou, les fermiers charentais ! -avec son chai où reposaient les tonneaux, à l'abri de la lumière. La pièce, orientée au nord, avec son sol enterre, dotée d'une ouverture barrée par une planche de bois. Elle servait aussi de garde-manger. Il se rappelle, amusé, la corvée de patates qui revenait aux enfants. Il fallait aller les chercher dans ce lieu noir et inquiétant. Il s'exclame : «Ça nous fichait la trouille à nous, les drôles !», et part d'un grand éclat de rire. Un silence. Les choses ne sont plus les mêmes, à présent. La culture du maïs, grande consommatrice d'eau, prédomine dans la région. Un peu comme en Normandie. «Sauf que, là-bas, ce n'est pas l'eau qui manque, il pleut tout le temps.»
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