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Autumn square

Couverture du livre Autumn square

Auteur : Philippe Lacoche

Date de saisie : 01/07/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Nouvelle

Prix : 5.00 € / 32.80 F

ISBN : 978-2-268-06599-1

GENCOD : 9782268065991

Sorti le : 19/06/2008


  • La présentation de l'éditeur

«Paulette Daim vint m'ouvrir. Paupières légèrement tombantes comme Charlotte Rampling, bouche sensuelle qui s'affaissait aux commissures, elle n'avait pas eu le temps de refaire sa teinture : trois ou quatre mèches blanches dépassaient de sa crinière de vieille lionne. Malgré son déshabillé pêche et ses mules à pompons roses, elle ne manquait pas d'allure.»

Philippe Lacoche est romancier et nouvelliste. Il aime les romans des Hussards, déteste le Nouveau Roman. Mais, il aime aussi la pêche à la ligne, la bière, le Saint Estèphe et les lolitas brunes coiffées comme des baronnes au siècle des Lumières...

Il a publié une quinzaine de livres, notamment HLM (Castor Astral 2000), récompensé par le Prix Populiste. Il est aussi journaliste au Courrier Picard et critique au Figaro littéraire.





  • Les premières lignes

La compagnie d'assurances qui m'employait à cette époque pratiquait des horaires à la carte. J'avais choisi de commencer tôt pour pouvoir terminer vers 16 h 30. Pourquoi 16 h 30 ? Car cela me renvoyait à l'enfance, à cette heure douce et bienveillante, cette heure à couettes-de-Sheila qui symbolisait la fin de la journée scolaire. Sauf pour ceux qui allaient à l'étude qui, eux, rempilaient pour une heure et repassaient leurs leçons au côté de l'enseignant.
Cette année-là, l'été s'éteignait doucement, comme un souffle. C'était presque l'automne. Le ciel était d'étain mais il faisait doux. Une douceur étrange, un peu molle qui avait l'air de se demander ce qu'elle venait faire dans cette lumière fade, grisonnante, qui plombait les mines des passants et alourdissait leur marche.
Mon travail ne m'intéressait guère. On ne s'intéresse pas au travail quand on a vingt ans, que la Nature vous a doté d'un physique agréable et d'un tempérament de feu. Oui, je ne pensais qu'à courir les filles, qu'à me faufiler entre leurs draps, entre leurs cuisses, entre leurs reins, entre leurs lèvres. À ne rien faire pendant des heures, caressé par le soleil de l'été. À m'enivrer de vins fins et de bières de bonne qualité quand mes économies me le permettaient. Très souvent, le commerce de mes contemporains m'ennuyait, surtout celui des mâles. Alors, j'aimais prendre la tangente et me réfugier dans le coeur doux et chaud, duveteux, d'une histoire : je dévorais les livres comme peut le faire un autodidacte. Avec urgence, passion et désordre, et me jetais sur toutes les pages qui passaient à ma portée avec la même gourmandise qui me conduisait à retirer les strings de mes conquêtes. Je n'avais pas d'école, ne fréquentais aucune chapelle littéraire, passant de Diderot à Sartre, naviguant sur la frêle embarcation de Larbaud avant de sauter dans l'océan de Balzac, picorant chez Jacques Perret avant de bâfrer chez Maupassant.


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