Auteur : Nami Nun
Traducteur : Claude Seban
Date de saisie : 23/10/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Stock, Paris, France
Collection : La cosmopolite
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-234-06169-9
GENCOD : 9782234061699
Sorti le : 27/08/2008
Joon et ses parents ont quitté la Corée pour s'installer en Amérique, à la recherche d'une vie meilleure. Mais le rêve a mal tourné, l'ambiance familiale est devenue insoutenable, et l'adolescente a fui pour vivre dans la rue. Sans jamais s'apitoyer sur son sort, Joon raconte les épreuves qu'elle traverse : la plongée dans l'enfer de la drogue et de la prostitution, l'errance de foyers en squats. Mais sa voix, pudique et tendre, s'affirme au contact du monde de la rue, notamment grâce à l'amitié très forte qu'elle noue avec une autre gamine des rues, Knowledge. Les deux filles réussissent même à s'offrir des instants de fête au sein de ce tragique quotidien.
Pariant qu'en chacun de nous subsiste un enfant révolté, joueur et généreux, Nami Mun nous invite à nous glisser dans la peau de ces personnages d'adolescents en fuite, tout en composant le portrait de leur New York, cette ville dont l'architecture grandiose et lumineuse semble se refermer sur eux comme un piège.
Nami Mun est née en 1968 à Séoul, en Corée du Sud, et y a grandi avant de venir vivre à New York dans le Bronx. Forcée très jeune de trouver des petits boulots, elle a notamment fait du porte-à-porte pour la société de cosmétique Avon, a été vendeuse de rue, serveuse et enquêteuse judiciaire.
Elle est actuellement maître de conférences à l'Université du Michigan. En 2007, elle a reçu le prix Pushcart. Ses nouvelles ont notamment été publiées dans L'anthologie Pushcart en 2007, dans The Iowa Review, Tin House, Evergreen Review,...
En dépit de l'univers tragique qu'il dépeint, l'ouvrage est empreint d'une indicible fraîcheur. Les bas-fonds de New-York y sont en effet vus par une gamine disloquée mais innocente. Comme l'observe son amant de 40 ans, Joon ressemble à «une rose dans un champ de vieux pneus sales». Son drame, c'est qu'elle ne se sent pas à sa place dans la société. Comme ses parents sans doute, comme la cohorte des exclus du mythe Amérique.
Dans le premier roman de Nami Mun, Américaine née en 1968 en Corée, l'enfer est d'une implacable sobriété. Il a le visage du New York des années 1990, quand la capitale économique des Etats-Unis était la ville la plus violente du monde. Il ne se paye pas de mots, il se contente de dévorer des enfants dans un tempo de phrases courtes, factuelles, désespérées...
Le dispositif mis en place par Nami Mun est en réalité une merveille d'équilibre. Il dit exactement ce qui pousse Joon à survivre, à ne pas sauter du train en marche. Dans ce roman de la vitesse et de la ville, il ouvre des perspectives, des lignes de fuite vers le passé et vers l'avenir. Le paradoxe jamais résolu de l'amour, qu'elle ressent pour ses parents, pousse Joon à tenter de trouver une place dans le train, à sortir de sa clandestinité volontaire. Elle est loin d'échapper aux cercles de l'enfer, mais elle est presque en règle. C'est déjà cela.
La drogue, la prostitution, la vie dans les squats ou sur le trottoir, Miles from nowhere dit tout cela sans jamais glisser vers le témoignage larmoyant ou le roman misérabiliste. L'écriture distanciée de Nami Mun, son sens de l'humour et du détail la tiennent loin de ces facilités...
Nami Mun n'a rien inventé, elle a puisé dans sa propre existence, ses peurs, ses échecs, mais aussi sa volonté d'en sortir. Elle est aujourd'hui maître de conférence à l'université du Michigan et, surtout, écrivain.
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