Auteur : Philippe Calas
Date de saisie : 28/06/2008
Genre : Guides Tourisme, Voyages
Editeur : Sud-Ouest, Bordeaux, France
Prix : 24.90 € / 163.33 F
ISBN : 978-2-87901-852-2
GENCOD : 9782879018522
Sorti le : 28/05/2008
Classé au patrimoine mondial de l'Unesco, le canal du Midi serpente depuis plus de trois siècles au milieu des vignes du Languedoc et du Minervois, des terres arides des Corbières et de la plaine du Lauragais. Trait d'union géographique du Midi de la France, il permet aussi un formidable voyage dans l'histoire depuis Agde et ses origines antiques jusqu'à Toulouse, à la pointe de la technologie spatiale, en passant par les terres cathares ou la cité médiévale de Carcassonne.
De ville en village, d'écluse en port, les paysages varient avec les saisons, les régions traversées, les activités des hommes qui ont marqué et marquent encore ce territoire de caractère.
La vue aérienne permet de mieux comprendre le principe des ouvrages qui jalonnent ce ruban d'eau et de verdure, dont un grand nombre sont répertoriés comme monuments historiques, tout en découvrant une esthétique inconnue depuis la terre.
Bon voyage dans le ciel du sud de la France pour une expérience qui vous donnera le vertige.
Né à Béziers, PHILIPPE CALAS s'intéresse de près au canal du Midi et crée en 1999 le site Internet www.canaldumidi.fr, fait aujourd'hui référence sur le sujet.
Le canal du Midi vu du ciel est l'ouvrage d'un auteur amoure de sa région, dont il ne se lasse pas de faire découvrir les richesses.
Le canal du Languedoc : quelle idée !
Le canal du Languedoc est une idée, un rêve, qui date, dit-on, de l'Antiquité. Au Moyen Âge, l'idée est évoquée sous le règne de Charlemagne. Mais c'est sous le règne de François Ier que la première étude réellement sérieuse a été réalisée. On découvre alors le seuil de partage des eaux à Naurouze. Les finances de l'État n'étant pas florissantes, on n'ira pas plus loin.
À la fin du XVIe siècle pourtant, Henri IV fait étudier la réalisation d'un canal qui, en reliant la Garonne à l'Aude, joint les deux mers. Le principe du canal à bief de partage était connu mais la technique d'alimentation en eau censée utiliser les eaux de l'Ariège n'était pas viable. À nouveau, le projet est abandonné. Au début du XVIIe siècle, alors que son père siège aux Etats du Languedoc, Pierre Paul Riquet assiste en 1618 à la présentation d'un projet de canal pour relier Toulouse à Narbonne. Il ne sera pas retenu mais le jeune Riquet alors âgé de 14 ans se souviendra de cette idée qui le hantera toute sa vie. En 1662, alors qu'il est âgé de 58 ans et après une longue carrière de fermier des gabelles, il présente son projet à Colbert. Riquet doit puiser dans ses propres deniers pour réaliser la rigole d'essai et ainsi prouver qu'il est possible d'amener suffisamment d'eau, prélevée dans la Montagne Noire, afin d'alimenter un canal de navigation. La preuve étant faite de la viabilité de cette solution, l'édit ordonnant la réalisation du canal royal de Languedoc est signé en octobre 1666. Les travaux débutent en janvier 1667 pour s'achever en mai 1681. Pierre Paul Riquet meurt en octobre 1680. C'est Jean-Mathias, son fils aîné, qui va achever le chantier. De nombreux ouvrages seront modifies dans les années suivantes par le célèbre Vauban pour qui : «Le canal de jonction des Deux Mers est sans contredit le plus beau et le plus noble ouvrage de cette espèce jamais entrepris. J'eus préféré la gloire d'en être l'auteur à tout ce que j'ai fait ou pourrai faire à l'avenir...»
Deux cents ans après l'achèvement du canal royal, de nouveaux projets de canal interocéanique de Bordeaux à la Méditerranée ont vu le jour. Pendant près de soixante ans, de 1880 au début de la Seconde Guerre mondiale, plusieurs réalisations furent étudiées. L'idée était de réaliser un canal similaire a ses homologues de Suez ou de Panama, afin de faire circuler les plus grands bateaux de l'époque, aussi bien civils (paquebots) que militaires (cuirassés).
La première de ces études chiffrée date de 1880. Elle prévoyait 38 écluses de 45 m de long et 8,5 m de profondeur. L'alimentation en eau était prévue grâce à des réservoirs creusés dans les hautes vallées des Pyrénées. Ce projet reçut l'avis défavorable d'une commission d'experts en 1882.
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