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Mont-Saint-Michel

Couverture du livre Mont-Saint-Michel

Auteur : Daniel Leloup

Illustrateur : photographies de Pierre-Yves Rospabé

Date de saisie : 28/06/2008

Genre : Guides Tourisme, Voyages

Editeur : le Télégramme, Brest, Finistère

Collection : Beaux livres

Prix : 24.90 € / 163.33 F

ISBN : 978-2-84833-197-3

GENCOD : 9782848331973

Sorti le : 11/06/2008


  • La présentation de l'éditeur

C'est en 708 que saint Aubert, évêque d 'Avranches, aurait reçu en songe la demande de l'archange saint Michel de fonder un lieu de culte en son nom. Depuis la modeste ondation d'une communauté bénédictine sur ce rocher défiant les marées jusqu'à son inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco en 1979, le Mont-Saint-Michel a connu une histoire tumultueuse. Il fut tour à tour abbaye, forteresse, prison. Se dégage de ces lieux, malgré les vicissitudes des destructions et reconstructions, une magie particulière, sans doute due à l'alchimie exceptionnelle entre l'oeuvre de la nature et celle de l'homme. Située dans un écrin de ciel et d'eau, l'abbaye couronne le mont de son architecture audacieuse. Même la poldérisation de la baie et la digue routière n'ont pas réussi à détruire la fascination du lieu, que les projets de remise en valeur du site vont rendre à son environnement naturel.

Architecte et historien de l'art, Daniel Leloup raconte comment le Mont-Saint-Michel a traversé les siècles et quels ont été les apports ou les destructions des différentes époques.

Pierre-Yves Rospabé, photographe et familier du Mont-Saint-Michel en a capté les lumières changeantes au fil des saisons.



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  • Les premières lignes

UN SITE COMPLEXE

Avec plus de trois millions de visiteurs par an, le Mont-Saint-Michel est l'un des monuments les plus visités en France après Notre-Dame de Paris, le Sacré-Coeur de Montmartre, la Tour Eiffel et Versailles. Mais près des deux tiers des touristes ne montent pas à l'abbaye, faute de temps ou à cause des difficultés d'accès. Leur découverte du Mont se limite au village et souvent même à la seule Grande-Rue. L'analyse et la compréhension du site sont complexes tant les architectures montoises ont été transformées au fil du temps, en fonction des nombreux événements religieux, militaires et politiques qui ont forgé son mythe. À cette difficulté historique s'ajoute celle de la lecture du lieu car le Mont-Saint-Michel est en réalité constitué de trois entités distinctes, facilement identifiables : l'abbaye, le village et les fortifications. Cette pluralité nécessite une approche à plusieurs niveaux, bien différente de celle que l'on peut avoir en découvrant des monuments homogènes, issus d'une conception unique et réalisés dans une période limitée : Notre-Dame de Paris ou la Tour Eiffel en sont de bons exemples.
L'abbaye est sans conteste la partie la plus complexe car ses constructions s'étendent du VIIIe à la fin du XIXe siècle, de la création du sanctuaire fondé par saint Aubert à l'élévation de la flèche néogothique par l'architecte Victor Petitgrand (1897). L'église est aujourd'hui un monument composite, victime de multiples incendies aux conséquences très dommageables pour son unité. Le plus important, en 1776, a entraîné la démolition des trois premières travées occidentales de la nef. À ces sinistres il faut ajouter deux effondrements partiels, le premier en 1103, avec l'éboulement du mur nord de la nef, et le second, en 1421, avec la ruine du choeur. On comprend aisément que l'église abbatiale, construite à l'origine en une seule campagne extrêmement courte pour l'époque (1023-1084), n'est plus aujourd'hui un édifice roman homogène mais un monument où se juxtaposent plusieurs styles : nef et transepts romans, choeur gothique, façade occidentale classique, flèche néogothique. Et encore, il faudrait ajouter à ces quatre périodes de l'histoire de l'art les transformations, reprises et ajouts réalisés au XIXe siècle.

L'étude des bâtiments conventuels apparaît aussi complexe, l'évolution des besoins monacaux s'étant accrue au fur et à mesure du développement de l'abbaye. La «Merveille» elle-même, c'est-à-dire les bâtiments construits sur le flanc nord du Mont, malgré sa cohérence apparente, date de deux périodes distinctes : le niveau inférieur est roman, les étages supérieurs gothiques. On peut noter que l'ensemble est également resté inachevé car une extension avait été prévue à l'ouest, comme le montrent les soubassements abandonnés.


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