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La pinède des loups

Couverture du livre La pinède des loups

Auteur : Pierre Richet

Date de saisie : 28/06/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Sud-Ouest, Bordeaux, France

Collection : Terres d'histoires

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-87901-895-9

GENCOD : 9782879018959

Sorti le : 28/05/2008


  • La présentation de l'éditeur

Une terrible histoire dans la Grande Lande, du côté de Pissos et Belin-Beliet, le long de la Leyre, au temps d'Aliénor d'Aquitaine.

Dans le paysage infini et les vastes lagunes de l'ancienne Lande, non loin de la rivière, vivent tranquillement, au rythme des saisons et de la nature, en bonne entente avec les loups, quelques familles pauvres mais heureuses. Arrive dans le pays, par les Landes de Bordeaux, une bande de mercenaires sans foi ni loi, déserteurs d'une armée royale en déroute, des hommes du nord, des «Français» comme les appellent alors Félicité, les jumeaux Félix et Fernand et leur petit frère, LouTanot, habitants du quartier du Mourdouat.

Très vite, les soudards s'installent dans le pays, rançonnant, pillant, violant, et déclenchant chez les paysans les sentiments les plus contrastés, le courage et la peur, l'avidité et l'intolérance, la traîtrise et la grandeur.

Dans l'atmosphère envoûtante de ce pays éloigné de tout, le bien finalement triomphera-t-il du mal ?

PIERRE RICHET est né au Niger en 1931, il vit aujourd'hui à Bordeaux. Il est sculpteur. La pinède des loups est son premier roman.





  • Les premières lignes

HISTOIRE D'UNE DÉCOUVERTE

Le 27 octobre 1882, une effroyable tempête ravagea les côtes d'Aquitaine depuis la Pointe de Grave jusqu'au Pays de Born. Elle se déchaîna tout particulièrement sur le Bassin d'Arcachon où un grand nombre de bateaux de pêche, petits chalutiers, pinasses et barques de toutes sortes furent broyés par la violence inouïe des vagues et des vents et leurs épaves projetées sur les plages où elles achevèrent de se disloquer.
C'est Andernos et Ares, Lanton aussi, qui sans doute subirent les assauts les plus furieux des éléments. Des lames gigantesques s'abattirent sur les plages de ces villages et emportèrent les sables, les parcs à huîtres, les petites cabanes en bois des pêcheurs, tout ce qu'avait bâti là la main de l'homme. A Andernos, elles allèrent jusqu'à disloquer le mur d'enceinte ouest de l'ancien cimetière autour de l'Eglise Saint Eloi. On en retrouva les lourdes vieilles pierres dispersées sur des centaines de mètres comme si elles n'eussent été que de vulgaires caillasses.
Au tout début de novembre de la même année, une femme qui se nommait Emilienne Labat allait sur les plages d'Arès et d'Andernos afin d'y glaner des débris de planches pour compléter sa provision de petit bois en vue de l'hiver à venir. Passant devant ce qui subsistait du mur d'enceinte démoli de l'ancien cimetière, elle remarqua ce qu'elle appela une «pierre de marbre» dont seul un angle aux arêtes très droites émergeait du sable. Elle en parla à son époux. Antoine Labat était employé municipal. Par curiosité, celui-ci se rendit sur les lieux et désensabla la pierre. Il s'agissait en fait d'un bloc parallélépipédique de marbre vert très peu veiné et soigneusement poli mais dont le long séjour dans le sable avait terni l'aspect de surface. Non sans mal, il réussit à l'emporter chez lui et le déposa au fond de son jardin, à côté du poulailler, en se disant qu'il en aurait bien l'usage un jour ou l'autre. Et puis les Labat oublièrent son existence.
Le 16 décembre 1897, Antoine rendit l'âme et sa femme le suivit dans la tombe en 1899. Leur héritière unique, Antoinette, institutrice à Audenge, loua la maison à un charpentier du nom d'Hippolyte Méran.


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