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La religion de la Chine : la tradition vivante

Couverture du livre La religion de la Chine : la tradition vivante

Auteur : Kristofer Marinus Schipper

Date de saisie : 28/06/2008

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : L'espace intérieur

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-213-63191-2

GENCOD : 9782213631912

Sorti le : 02/06/2008


  • La présentation de l'éditeur

«Qu'en est-il de la religion en Chine ?» Cette question, qui resurgit aujourd'hui avec une actualité accrue, est immédiatement suivie d'une autre : «La Chine a-t-elle une véritable religion qui lui soit propre ?»
Ce furent les Jésuites qui, au commencement du XVIIe siècle, lancèrent le débat, proposant hâtivement que la véritable religion de la Chine fut le confucianisme. Cette «secte vénérable» était parfaitement compatible, selon eux, avec la foi chrétienne.
La sinologie française, fondée par Edouard Chavannes (1865-1918),' Henri Maspero (1883-1945) et Marcel Granet (1884-1940), devait invalider les théories jésuites et montrer, par les textes et les enquêtes sur le terrain, la place fondamentale du taoïsme.
Les transformations de la société chinoise et son expansion dans le monde d'aujourd'hui ne peuvent être comprises que par référence à cette tradition vivante retrouvée. En dépit des destructions et des persécutions systématiques, elle survit aujourd'hui au sein de la société locale. Grâce à ses structures liturgiques foncièrement démocratiques, elle a su rester fidèle à sa mission civilisatrice et diffuser son immense héritage spirituel dans le monde entier.
Loin d'être une doctrine morale dualiste et rigoriste, la foi de la Chine consiste à suivre la nature dans sa création spontanée par la Voie (Tao) et dans sa dynamique alternante des deux forces complémentaires : le yin et le yang. Véritable religion universelle de l'homme, elle pense le monde dans son ensemble, heureuse de trouver en toute chose l'unité fondamentale, sans exclusion aucune.
Le présent ouvrage se compose d'essais élaborés depuis une vingtaine d'années, juxtaposant réflexions et données de terrain. Celui-ci se situa d'abord à Taiwan aux temps où la société traditionnelle y était encore en place, puis dans la Chine continentale actuelle où les temples commencent à être reconstruits. L'ensemble représente une première exploration d'un vaste domaine de recherche resté jusqu'ici pratiquement inconnu.



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  • Les premières lignes

La tradition vivante

La Chine se transforme-t-elle ? On ne saurait le nier. Les grandes villes de Pékin, Shanghai, Canton ont changé au point qu'elles ressemblent de plus en plus aux autres métropoles asiatiques. Quant à l'intérieur du pays, il se modernise grâce à d'ambitieux programmes de développement des moyens de communication. La révolution informatique bat son plein, nullement freinée, comme on a pu le penser un moment, par les caractéristiques de l'écriture chinoise. La politique du contrôle des naissances modifie profondément la société. La globalisation économique, le poids grandissant de la politique de la Chine sont à l'ordre du jour.
Peut-être le plus surprenant n'est-il pas tant l'ampleur des changements, que le fait qu'ils ne ressemblent pas du tout aux autres transformations, celles qui faisaient bouger la Chine dans un passé encore assez récent. La Grande Révolution prolétarienne qui, disait-on chez nous, faisait trembler le monde, n'était à bien des égards que la continuation des révolutions antérieures durant la première moitié du XXe siècle. La chute de la dernière dynastie, celle des Qing (1644-1911), fut en soi un événement de portée mon­diale. Elle avait été préparée par des chocs aussi terribles que les guerres de l'Opium (1839-1842 et 1856-1860), la révolte des Taiping (1851-1864), la guerre sino-japonaise (1894 -1895) et la révolte des Boxers (1899-1901).
Leopold von Ranke (1795-1886) rangeait la Chine parmi les «peuples éternellement immobiles». Il est facile de montrer à quel point elle a au contraire toujours été en mouvement, et cela pas seulement depuis un siècle et demi. Tous ceux qu'intéresse l'histoire de l'art savent que chaque période et presque chaque grande dynastie chinoise se distinguent par leur propre style. Les céramiques des Tang, des Song, des Ming sont aisément différenciées les unes des autres. Continuellement en train de changer, la Chine peut aussi s'enorgueillir de la plus longue histoire culturelle ininterrompue de l'humanité. Comme il est dit par ses grands sages : la longévité sans vieillir (changsheng bu lao) dépend de la capacité de changer continuellement (bianhua wuqiong).


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