Auteur : Adalbert Stifter
Traducteur : Claude Maillard-Chary
Date de saisie : 19/06/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Circé, Belval, France
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-84242-174-8
GENCOD : 9782842421748
Lors d'un voyage en diligence, le narrateur des Deux Soeurs rencontre un des autres passagers «qu'en raison de sa mine très pâle et de ses vêtements noirs nous appelâmes par plaisanterie Paganini». Avec «un sourire mélancolique», celui-ci dit : «Qui sait, si j'étais réellement Paganini, ce serait peut-être pour moi un très grand malheur !» Le narrateur retrouve à Vienne ce Paganini et va avec lui au concert où deux jeunes soeurs se révèlent d'exceptionnelles violonistes. Il en est fortement ému et se retourne vers son voisin, l'homme en noir, pour voir si lui aussi a été atteint par la qualité du jeu et constater, «avec un étonnement proche de la frayeur», que «de grosses larmes coulaient et roulaient sur ses joues ravinées ; il était immobile, pétrifié». Le Paganini n'ouvre pas la bouche à la fin du concert. C'est quand les deux hommes sont montés dans la voiture qui les ramène qu'il dit seulement : «Ah, malheureux père ! Malheureux père, hélas !» La suite du texte donnera une explication implicite à ces mots, de même qu'il se révélera que les «deux soeurs» du titre ne sont pas celles qui ont manié si merveilleusement le violon. Car les livres de Stifter, qui prétend ne s'intéresser qu'à la banalité, n'en recèlent pas moins des surprises... Il est toujours difficile de définir strictement ce qui est le sujet même d'un texte de Stifter, parce que ce qu'on a tendance à appeler l'intrigue est sans cesse pris dans une élégance morale qui l'emporte bien plus haut que les simples événements mis en scène...
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