Auteur : Gilles Le Scanff | Joëlle Caroline Mayer
Date de saisie : 26/06/2008
Genre : Nature, Animaux
Editeur : Ulmer, Paris, France
Prix : 19.90 € / 130.54 F
ISBN : 978-2-84138-339-9
GENCOD : 9782841383399
Sorti le : 05/06/2008
Créé il y a douze ans par Sylvie et Patrick Quibel, le jardin Plume allie, sur une base structurée, les vivaces et les graminées de façon magistrale et très contemporaine. Nichée au sein d'un verger normand, cette petite merveille de jardin est devenue, ces dernières années, une référence et une source d'inspiration pour tous les amateurs. Joëlle et Gilles Le Scanff-Mayer nous invitent à une promenade photographique dans ce lieu unique qui, plus qu'un autre, change au fil des saisons.
Introduction de Sylvie et Patrick Quibel :
L'histoire du jardin Plume commence en 1996 avec l'achat d'un corps de ferme d'une superficie d'environ 3 hectares. C'est un verger normand plat, ouvert sur le sud, dont l'herbe est soigneusement broutée par un troupeau de moutons jusqu'au ras de la maison. Après quelques mois sur place, nous avons conçu un plan d'ensemble du jardin avec en tête quelques idées de base. Le verger et ses «carrés d'herbes» s'ouvriraient au sud sur l'horizon par des chemins tondus dans les herbes hautes, les jardins clos, à son pourtour seraient des jardins de saison. Le jardin sud, au pied de la maison, accueillerait un parterre classique de buis quant au potager, seule parcelle cultivée avant notre arrivée, il serait agrandi et clos. Dans son prolongement, un cloître naturel de miscanthus et un petit sous-bois seraient installés aux frontières sud-est du jardin. Peu à peu la structure de chaque partie est mise en oeuvre et un bassin miroir carré, posé à fleur de gazon, est creusé dans l'axe central du verger. Il est devenu depuis un élément marquant du jardin.
Puis viennent les plantations. Quelques vieux pommiers mal en point sont remplacés.
Les haies de hêtres, de charme et de buis sont installées. Amateurs de plantes vivaces depuis plus de vingt ans, nous souhaitons cependant éviter à tout prix l'effet de collection botanique. Les plantes sont choisies par thèmes, en fonction de l'endroit ou de la saison, puis répétées pour garder une unité en respectant scrupuleusement leurs exigences biologiques.
Les graminées hautes sont plantées face au soleil couchant pour profiter du contre-jour. Les plantes de fin de saison sont regroupées dans le jardin d'automne où elles jettent leur feu à la mi-septembre. Dans le jardin sud, le choix est chromatique : rouges, jaunes, ors, bronzes, sont à la fête pendant le plein été. Dans le verger les herbes hautes accueillent des plantes de «prairie» : géraniums vivaces, camassias, eupatoires, pigamons, inulas. Le potager, un peu fou, est le royaume des annuelles qui cohabitent parfaitement avec les légumes : pavots divers, tagètes, zinnias rouges et orangés, rudbeckias, tapis de camomille naine.
Onze années plus tard, le jardin est tel que nous le souhaitions : dessiné et structuré mais aussi flou et fantasque. Classique et contemporain à la fois... Emmanuel de Roux, journaliste et écrivain, nous a ouvert les yeux sur les influences probablement inconscientes qui ont guidé la création du jardin dans un article consacré au jardin plume paru en 2004 dans le journal «Le Monde» : «Les bases sont incontestablement classiques et la famille spirituelle de "plume" est à rechercher du côté des jardins réguliers du XVIIe siècle... Les parterres de broderies, le grand tapis vert ouvert sur l'horizon et le principe des bosquets à surprises, ont trouvé ici une traduction à la fois modeste et contemporaine.»
Mais si dans les jardins français classiques les plantes herbacées et les graminées n'ont qu'un rôle anecdotique voire inexistant, elles jouent ici une partition en majeur. Mouvement, rythme et couleur, tissent un lien subtil et puissant entre nature et jardin.
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