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Ici pépie le coeur de l'oiseau-mouche

Couverture du livre Ici pépie le coeur de l'oiseau-mouche

Auteur : Nicolas Dieterlé

Date de saisie : 22/06/2008

Genre : Poésie

Editeur : Arfuyen, Paris, France

Collection : Cahiers d'Arfuyen, n° 176

Prix : 17.50 € / 114.79 F

ISBN : 978-2-84590-123-0

GENCOD : 9782845901230

Sorti le : 05/06/2008


  • La présentation de l'éditeur

Alors que nous marchions dans une forêt de hauts arbres entre lesquels ruisselait la lumière du soleil, comme une féerie, a surgi en moi cette phrase : «ici pépie le coeur de l'oiseau-mouche»

Nicolas Dieterlé

L'auteur

Nicolas Dieterlé est né le 28 août 1963, d'une famille de missionnaires et de pasteurs protestants. Son enfance se passe au Ghana, puis au Cameroun dans un hôpital de brousse de l'Eglise protestante où son père est chirurgien. Le retour en France, en 1973, est une rupture douloureuse avec l'Afrique, inséparablement liée pour lui avec le monde de l'enfance. Après des études secondaires à Grenoble, il entreprend des études à l'Ecole du Louvre puis Sciences po.
Objecteur de conscience de 1987 à 1989, il commence ensuite une vie professionnelle difficile de journaliste free lance. En 1994-95 il est rédacteur en chef adjoint de Valeurs Vertes, spécialisé sur l'environnement, collabore à Témoignage Chrétien puis, dans les derniers mois de sa vie, à Actualité des Religions.
En mars 2000, il s'installe dans le Var et travaille à une biographie de Novalis. Rongé par la maladie, il choisit de se donner la mort le 25 septembre 2000





  • Les premières lignes

le toit des voitures est verni par le gel ; les branches des arbres crissent contre le ciel Dans l'allée, en passant, j'ai entendu le chant pointu, pareil à une mince flèche tournoyante, d'un oiseau invisible

*
le jour est gris-bleu, avec des rehauts de rose

*
une rivière d'enfants a glissé dans la rue Leurs voix chantonnantes traversaient le temps mince comme un film

*
quand la femme est passée sous le sapin, son corps a semblé fléchir, comme si le sapin avait réellement pesé sur elle Ce fléchissement - que l'homme prosaïque aurait tenu pour illusoire, mais qui était doué d'une indiscutable réalité pour celui qui sait voir, c'est-à-dire imaginer - ce fléchissement exprimait la soumission heureuse (quoique inconsciente) de la passante à la présence oscillante et pleine du sapin Cela n'a malheureusement duré qu'un moment : une fois sortie de l'orbe du sapin, la femme a repris aussitôt sa marche faussement autonome, vive mais sans but


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