Auteur : Svetislav Basara
Traducteur : Gabriel Iaculli | Gojko Lukic
Date de saisie : 21/06/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : 10-18, Paris, France
Collection : 10-18. Domaine étranger, n° 4141
Prix : 7.00 € / 45.92 F
ISBN : 978-2-264-04647-5
GENCOD : 9782264046475
Sorti le : 19/06/2008
Un écrivain serbe est dépêché en Mongolie pour y écrire un guide de voyage. Lui qui rêvait de s'extirper de sa morosité quotidienne, atterrit dans un pays perdu, lieu de tous les possibles - où, de temps à autre, on brûle encore des sorcières. Il échoue au bar de l'hôtel Gengis Khan à Oulan-Bator, où il voit défiler un évêque hollandais égaré dans un rêve, un officier russe devenu lama, un mort vivant au passé lubrique et même l'énigmatique Charlotte Rampling. Que tout cela confine à la folie importe peu ; la vodka coule à flots, délie les langues et libère les pensées les plus délirantes de Basara. Flottant entre rêverie et ivresse, au coeur d'un univers jubilatoire où la seule certitude est qu'il n'y en a aucune, il se laisse emporter dans un tourbillon extravagant de dérision qui n'épargne rien, ni personne.
«Basara aime rire de tout, surtout de lui-même. Son univers déjanté est un exutoire à un monde trop sombre. [...] Basara est un visionnaire, une grande gueule au verbiage brillant, un désespéré décomplexé, redoutable traqueur d'idioties et érudit malicieux.»
Martine Laval, Télérama
Traduit du serbe par Gojko Lukic et Gabriel laculli
"Grands détectives" dirigé par Jean-Claude Zylberstein
Le nom de la pluie
Cette année-là, année du dragon de fer selon le calendrier chinois, si le printemps avait été vieux jeu, l'été fut extravagant. Il neigea deux fois en juillet, une fois le jour ne se leva point, et la nuit dura ainsi quarante-huit heures. Tout alla à l'avenant, jour après jour. Il ne se passait rien. Pas plus que les années précédentes, où les étés s'étaient pourtant montrés plus convenables. Les petits caprices des cieux n'étaient là que pour masquer un vide désespérant. Je me disais : le moment venu, je n'aurai rien sur quoi écrire, si bien que mon prochain livre, comme les précédents, d'ailleurs, sera bourré de solitude, d'ennui et de néant. Peut-être ne me disais-je pas cela, mais rassemblais-je en fait des matériaux pour mes proses futures : tas de dégoûts, monceaux de peurs, grosses bennes débordant de sentiments d'échec et d'hébétude - toute cette matière rabâchée des narrations modernes. Mais je ne notais rien. Dieu m'en est témoin.
Soudain s'est présenté un motif intéressant. C'est un ami, N. V., qui s'est chargé de me le fournir. Il s'est suicidé. D'une manière classique : une centaine de barbituriques et les veines ouvertes. Mais cela ne faisait pas encore une histoire. Qu'y avait-il d'étonnant à ce que l'un de mes amis se fût suicidé ?
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