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Episodes des journées de juin 1848

Couverture du livre Episodes des journées de juin 1848

Auteur : François Pardigon

Préface : Alix Héricord

Date de saisie : 19/06/2008

Genre : Histoire

Editeur : la Fabrique, Paris, France

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-913372-78-8

GENCOD : 9782913372788

Sorti le : 29/05/2008


  • La présentation de l'éditeur

«Du travail ou du plomb ! voilà le héraut d'armes. L'arène est ouverte et la Révolution est lancée.» François Pardigon est l'un des rares étudiants qui combattent avec les prolétaires anonymes lors des inoubliables journées de juin 1848. Il se retrouve «dans une barricade construite à un endroit resserré de la rue Saint-Jacques, contre un vieux bâtiment dépendant du lycée Louis-le-Grand, qui a servi à loger l'École normale à l'époque de sa fondation». Il est fait prisonnier, on va le fusiller, on le conduit de prison en prison, et partout il entend le bruit des salves, des «nocturnes détonations» : «Qu'importe au victime qu'il soit fusillé dans une cour ou sur les toits ?» Dans les caveaux des Tuileries il voit de ses propres yeux tirer dans le tas à travers les grilles, comme le fait le père Roque dans L'Éducation sentimentale. Il fait partie de la colonne de prisonniers massacrée par les feux croisés des gardes nationaux pendant la nuit, au Carrousel, «ce qui fit frémir toute l'Europe». Et finalement, par mira­cle, parce qu'il est étudiant et non ouvrier, il se retrouve parmi les émigrés français à Londres, sous le Second Empire.
Un document rare, l'un de ceux qui font comprendre que les journées de juin 1848, grandes oubliées de l'historiographie contemporaine, parce qu'elles ont vu les «républicains» canonner les ouvriers, ont contribué à façonner la société où nous vivons.

Alix Héricorcl est historienne, rattachée à l'Institut universitaire européen de Florence. Elle est spécialiste de l'histoire de la colonisation et du XIXe siècle français.





  • Les premières lignes

Une mémoire d'outre-tombe
Alix Héricord

C'est le cri d'un exilé, d'un revenant.
Qu'on l'appelle, si l'on veut, une voix de la tombe.
Qu'on n'y cherche pas de plan.
Jours d'exil, Ernest Coeurderoy, Londres, 1854

Oui, ce beau nom de républicains, proscrit et bafoué jadis par la contre-révolution, elle nous l'a impudemment volé comme, avec la même audace, notre sublime devise : Liberté, Égalité, Fraternité, si longtemps outragée par elle et couverte de boue comme un symbole de sang et de mort.
Auguste Blanqui, 28 novembre 18481

Les Épisodes des journées de juin 1848 de François Pardigon ramènent la politique à ce qu'elle ne cesse jamais d'être tout à fait : une guerre. Ils sont là pour rappeler le sang qui a séché sous la Seconde République et défaire la belle unité d'un moment que l'histoire officielle, cette amoureuse des téléologies et des grandes continuités, tend à homogénéiser. Ils ne sont pas, ou à peine, une méditation sur les causes du conflit qui opposa une partie du peuple de Paris aspirant à une «République sociale» aux hommes d'un régime qui s'affirme lui aussi républicain ; la cause selon Pardigon est entendue : la trahison des promesses faites au «peuple» en matière de travail et de justice sociale. Ils honorent les trois journées de Juin qui pour la première fois manifestent que le seul ennemi de la République n'est pas la monarchie, et que cette dernière une fois renversée, le combat fratricide peut commencer. Ces trois journées qui ont montré que la République peut avoir sur les mains un sang autre que celui des aristocrates, qu'elle peut assassiner les pauvres et les républicains qui ont le malheur de se dire socialistes. Trois journées qui ont montré que les insurgés ont reconnu dans la République tiède des modérés leur nouvel ennemi, que la République est au moins deux et qu'elle est pour les hommes de 1848 moins un régime qu'un enjeu.

Tant de tués, tant de prisonniers ; c'est comme une bataille en règle. Ce n'est plus une émeute ni une insurrection. Que de généraux tués, de compagnies anéanties, de bataillons entamés, de régiments éclaircis ! Le peuple ne perd point de généraux, il est son général à lui-même, mais que de soldats, combien de ses membres il laisse sur le terrain !


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