Les néo-paganismes et la nouvelle droite (1980-2006) : pour une nouvelle approche / Passion du livre

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Couverture du livre Les néo-paganismes et la nouvelle droite (1980-2006) : pour une nouvelle approche

Auteur : Stéphane François

Date de saisie : 03/06/2008

Genre : Politique

Editeur : Archè, Milan, Italie

Prix : 22.00 €

ISBN : 978-88-7252-287-5

GENCOD : 9788872522875

Sorti le : 03/06/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Pan n'est pas mort.
Pour une autre approche de la Nouvelle Droite.

Le néo-paganisme est devenu l'une des caractéristiques importantes de la Nouvelle Droite à partir de la seconde moitié des années soixante-dix. Toutefois, malgré une pléthore de livres engagés sur l'idéologie néo-droitière, l'étude des rapports entre le paganisme et la Nouvelle Droite constitue un champ très peu défriché des sciences humaines. Ces sujets gardent en effet une réputation sulfureuse qui les disqualifie aux yeux de la recherche scientifique.
Leur méconnaissance profonde a contribué à la publication de textes souvent partiels et partiaux. Beaucoup pèchent par des démonstrations confuses et/ou superficielles quand il ne s'agit pas de raccourcis abusifs. Ainsi parmi les erreurs régulièrement commises, la Nouvelle Droite est présentée comme un bloc monolithique alors qu'il existe plusieurs tendances parfois opposées et un éclatement des groupes néo-droitiers depuis la seconde moitié des années quatre-vingts. De même, le néo-paganisme est souvent considéré comme intrinsèquement situé à l'extrême droite. Là encore la réalité est loin de ce postulat : la majorité des néo-païens sont apolitiques. En outre, celui-ci est un environnement complexe car foncièrement protéiforme. En effet, les manifestations du néo-paganisme vont de la pratique religieuse à des constructions intellectuelles philosophico-sociologiques. Enfin la Nouvelle Droite est globalement vue comme fondamentalement païenne : le paganisme définit l'idéologie de la Nouvelle Droite depuis le milieu des années soixante-dix. Cependant, il existe des néo-droitiers catholiques voire tout simplement athées. Surtout, le paganisme n'est qu'une influence, certes très importante, de la Nouvelle Droite : il en existe d'autres comme l'antimodernisme hérité de Guenon ou d'Evola, la Révolution Conservatrice allemande ou le nationalisme européiste par exemple.
Cette étude s'attache à éclaircir les points suivants. Dans une première partie nous revenons sur l'histoire et la nature de la Nouvelle Droite. La deuxième tente une définition et une typologie du néo-paganisme, notamment des formes présente dans la Nouvelle Droite. Enfin, nous nous efforçons dans une troisième partie de réfléchir sur les rapports qu'entretiennent les différentes tendances ou groupes de la Nouvelle Droite avec la notion de paganisme. Le postulat principal, qui est notre grille de lecture, est fondé sur l'idée que le néo-paganisme a joué un rôle fondamental, même s'il existe d'autres références doctrinales, à la fois dans les discours successifs de la Nouvelle Droite et dans les évolutions de celle-ci.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

Dans cet essai, nous nous pencherons sur l'apport du néo-paganisme dans les discours néo-droitiers. En effet, celui-ci a joué un rôle important à la fois dans la doctrine du GRECE et dans les évolutions de celui-ci. D'abord utilisé pour justifier le discours inégalitaire, à travers l'éloge de la partition trifonctionnelle indo-européenne, le paganisme est devenu au cours des années quatre-vingt, l'une des références majeures de la Nouvelle Droite en ce qui concerne les questions sociologiques et politiques, abandonnant ainsi le projet «métapolitique» de rénovation du discours de la droite. Depuis lors, des membres importants du GRECE se réclament du paganisme ou se sont réclamés de lui. Enfin, il s'agit d'une constante doctrinale au vu du grand nombre d'articles, revues, livres publiés sur cette question dans ce milieu depuis le début des années quatre-vingt. Selon Pierre Vial, il existe deux livres néo-droitiers importants au niveau doctrinal considérés comme la «base incontournable de toute réflexion sérieuse sur le paganisme» : le livre d'Alain de Benoist, Comment peut-on être païen ?, paru en 1981 et le recueil de textes de Christopher Gérard, Parcours païen, paru en 2000.
C'est donc pour ces raisons que nous consacrons ce texte à l'étude des rapports entre celui-ci et la Nouvelle Droite, même si nous avons conscience que la référence païenne n'est pas la seule de la Nouvelle Droite et de son maître à penser Alain de Benoist. En ce sens, nous nous démarquons de l'universitaire italien Francesco Germinario. En effet, celui-ci a fait de la question païenne et des critiques des universalismes religieux, le fil conducteur de son analyse et ne prend pas en compte malheureusement les autres références intellectuelles importantes comme le pérennialisme, les doctrines de la «droite révolutionnaire», la Révolution Conservatrice allemande, l'anti-utilitarisme du MAUSS, le nominalisme ou l'oeuvre de Dumont, pour ne citer que ces quelques exemples. Néanmoins, la question des rapports entre le paganisme et la Nouvelle Droite reste primordiale à la compréhension de cette école de pensée car, dès les origines du GRECE, il existe un vif intérêt pour les questions du paganisme indo-européen et pour celles concernant les traditions euro­péennes. En effet, à cette époque, les termes «tradition» et «indo-européen» renvoient explicitement à une réhabilitation du paganisme et parfois à des pratiques païennes. Une commission «traditions» fut même créée pour aider les grécistes à célébrer différentes grandes fêtes païennes comme les solstices et les mariages et cela malgré les dénégations des principaux intéressés. Certains néo-droitiers pratiquèrent même à compter du milieu des années soixante-dix des cérémonies païennes au domaine de Roquefavour, la «Domus Europa» animée par Maurice Rollet. Allant dans ce sens, Pierre Vial affirma dès 1982 que «Le paganisme est la clé de voûte de la vue du monde qu'exprime et incarne la ND.» De fait, le GRECE fut présenté par des néo-droitiers comme «la première tentative de grande envergure de promotion consciente et organisée d'une nouvelle culture païenne.» En outre, comme l'écrit le néo-droitier Jacques Marlaud, «Parler de paganisme au vingtième siècle, c'est supposer qu'il existe un courant de pensée relativement cohérent auquel on puisse attribuer ce nom.» Nous estimons aussi que la Nouvelle Droite a cette cohérence.


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