Auteur : Philippe Delepierre
Date de saisie : 12/06/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Pocket, Paris, France
Collection : Pocket, n° 13500
Prix : 6.40 € / 41.98 F
ISBN : 978-2-266-17780-1
GENCOD : 9782266177801
Sorti le : 22/05/2008
Triste, le pays ch'ti ? Pas le moins du monde. Gill, qui n'a pas les yeux dans sa poche, en fait un terrain d'observation et d'aventure. Les bizarreries de Trisomic-Marcel son grand frère, les crises de nerfs de Marie-Rose sa mère, les rendez-vous amoureux de Nadège sa voisine, les ronds de jambe du docteur Verdier, rien ne lui échappe. De ses expéditions aux «gadoues», la décharge, à ses tribulations lycéennes, en passant par les discussions dans la cuisine familiale, tout éveille sa curiosité. Et puis il y a Françoise, sa bien-aimée, sa princesse, son ange... Cet idyllique univers d'enfance se fissure pourtant lorsque certains commencent à remuer un passé trouble, l'Occupation, qui, en ces années soixante, jette encore son ombre sinistre et venimeuse. On ne patauge pas impunément dans les gadoues...
Philippe Delepierre a une cinquantaine d'années. Après avoir longtemps travaillé à l'étranger - notamment en Amérique du Sud - il est aujourd'hui professeur de lettres dans un lycée du Nord de la France. Il est l'auteur d'un épisode du Poulpe et de plusieurs polars publiés chez Baleine. Depuis son recueil de nouvelles - Même pas mal et autres paris stupides - il a écrit quatre romans, parus aux éditions Liana Levi, Fred Hamster et Madame Lilas (2004), Crissement sur le tableau noir (2005), Les gadoues (2007), et Sous les pavés l'orage (2008).
«(...) un formidable roman d'initiation, au style enjoué et à l'humour un brin potache.»
Olivier Delcroix - Le Figaro Littéraire
Également chez Pocket : Fred Hamster et Madame Lilas et Crissement sur le tableau noir.
Maman a ses nerfs. Un chamboulement échevelé, une danse de Saint-Guy ravageuse, une tornade tropicale aux sanglots longs et hurlements force dix. Ces grandes gesticulations de désespoir éclatent tout à trac, en Blitz Krieg brutales et sournoises pour se finir dans un chaos de vaisselle fracassée, de repassage éparpillé, de bocaux renversés vomissant leurs nuées de poivre, de farine et de café moulu.
Je cours aux abris, jamais plus loin que la cour car je dois surveiller l'évolution de la crise. Dans ces moments-là, d'après le docteur Verdier, il n'y a rien d'autre à faire que de laisser passer l'ouragan tout en surveillant la malade au cas où elle avalerait sa langue. La première fois que j'ai entendu cette expression étrange, j'étais encore gamin et ça m'a fait rire. J'ai demandé au médecin comment on pouvait avaler sa langue puisque c'est précisément l'organe qui sert à ingurgiter, mais il était de mauvais poil et m'a envoyé bouler.
À l'intérieur, ça barde. Pas besoin de boule de cristal pour deviner l'avenir proche.
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