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Nous commençons notre descente

Couverture du livre Nous commençons notre descente

Auteur : James Meek

Traducteur : David Fauquemberg

Date de saisie : 04/09/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Bibliothèque écossaise

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-86424-657-2

GENCOD : 9782864246572

Sorti le : 21/08/2008


  • La présentation de l'éditeur

Tout avait pourtant débuté comme un conte de fées moderne : un grand reporter de guerre rencontre à Kaboul une journaliste américaine et commence à écrire un best-seller. De retour à Londres, après un dîner en ville où il a donné une définition très personnelle de la guerre, il a démissionné de son journal, est parti pour New York en première classe, sans bagages, en veste de lin noir, signer son contrat d'édition puis rechercher l'insaisissable Astrid, et il s'est retrouvé sur les territoires les plus sombres de l'imagination. La descente a vraiment commencé lorsqu'il a appris que la grande maison d'édition avait été rachetée, que son contrat ne serait jamais signé, qu'Astrid habitait à la campagne, à l'autre bout du pays, et que la neige s'est mise à tomber sur sa vie brûlée et son compte en banque à sec.
James Meek écrit un roman de folie et de poursuite de l'espoir et de l'amour au milieu des convulsions politiques internationales.

"Meek est un observateur doté d'un réel talent de narrateur. Il n'a pas son pareil pour écrire un roman à la croisée du thriller, de la littérature, du mythe et du journalisme documentaire, si captivant qu'on le dévore en quelques heures."
The London Review of Books

"Cette magnifique histoire est prête à être filmée !
The Times

James Meek est né à Londres en 1962. Grand reporter, il a vécu en Russie de 1991 à 1999. Il collabore actuellement au Guardian, à la London Review of Books et à Granta. En 2004, ses reportages sur l'Irak et Guantánamo ont reçu de grands prix internationaux. Son précédent roman Un acte d'amour est un best-seller international.





  • La revue de presse Franck Nouchi - Le Monde du 5 septembre 2008

Nous commençons notre descente, le deuxième roman de l'Ecossais James Meek, aurait pu n'être que cela : les souvenirs entrelacés d'un homme solitaire qui, jusqu'au jour de sa rencontre avec une femme, ne parvenait à trouver son équilibre que dans le chaos du monde. Il s'agit en réalité de bien autre chose. Dans Un acte d'amour, son précédent roman ("Le Monde des livres" du 2 mars 2007), James Meek nous avait déjà fait le coup. On s'imaginait lire un roman historique, situé en 1919, au fin fond de la Sibérie, quelque part le long du Transsibérien, quand tout à coup on se retrouvait projeté dans l'univers mêlé d'Au coeur des ténèbres et d'Une journée d'Ivan Denissovitch. Un phénomène assez similaire se reproduit dans ce deuxième livre. Cette fois, c'est la virtuosité de la construction narrative, cette manière très particulière de se jouer des temporalités qui, au début, peuvent dérouter. Très vite, pourtant, le livre prend son envol, jusqu'à atteindre une remarquable plénitude.


  • La revue de presse Natalie Levisalles - Libération du 28 aout 2008

La «descente» du titre concerne les trois temps du roman : le présent, les dernières 24 heures, les derniers mois en Afghanistan. Il y a la descente d'un avion, dont le voyage entre Londres et New York occupe une bonne partie du livre. La descente du narrateur, qui, en quelques heures, explose une amitié de trente ans et un dîner chez des bobos de Camden, y compris la porcelaine, les tirages photos numérotés et le buste de Lénine. Sans parler de son mirobolant contrat. Finalement, son éditeur refuse de publier cette «merde antiaméricaine»...
Même si ses deux personnages ne sont pas absolument aimables, dans leur dédain partagé du reste de l'humanité, James Meek sait parler de l'amour, du désarroi, de la mesquinerie, de la lâcheté et de l'espérance. Il parle aussi de tout ce qu'un reporter ne peut pas mettre dans les papiers qu'il envoie au jour le jour. Quand on est un journaliste qui raconte la guerre, quel rôle joue-t-on vraiment ? Est-ce qu'on ne participe pas à cette guerre, est-ce qu'on ne lui permet pas de se poursuivre ?



  • Les premières lignes

À quatre heures du matin, il faisait encore nuit. Il restait une heure avant la prière du Fajr. Sarina Najafi se leva, fit sa toilette, s'habilla, déjeuna frugalement de lavash et d'un peu de fromage, puis elle quitta l'appartement familial, situé au dixième étage d'un immeuble moderne, en périphérie sud de la ville iranienne d'Ispahan. Son père, sa mère et ses deux frères dormaient encore à poings fermés. Ils se bornaient à fréquenter la mosquée pour la prière du vendredi et la dévotion de Sarina, alors âgée de quinze ans, n'allait guère au-delà. Mais le directeur de son école tâchait de faire en sorte que la jeune fille trouve grâce aux yeux des Basiji, défenseurs officiels de la révolution islamique, si bien que tout au long de cette semaine-là, Sarina et les six cents autres étudiantes inscrites au lycée Libération de Khorramshahr prieraient cinq fois par jour. De l'avis de Sarina, un avis quelle partageait souvent et à voix haute avec ses amies, c'était trop. Bien sûr, les filles avaient tout autant que les garçons le droit de prier, comme l'affirmait le directeur. Mais comment allait-elle pouvoir terminer son projet collectif et préparer son examen d'anglais, avec toutes ces prières et ces réveils si matinaux ?
Sarina prit l'ascenseur pour descendre au rez-de-chaussée. Elle portait par-dessus son manteau lilas préféré un tchador noir qui ne laissait apparaître que son visage et, sur ses épaules, un cartable contenant ses livres de cours et la caméra vidéo qu'elle avait empruntée pour son projet de groupe. Elle tira sur le dessus de son châle, à l'endroit où sa frange têtue ne cessait de se découvrir. Chaque fois que Sarina et ses amies se trouvaient à distance respectable de la mosquée, elles tombaient le tchador. Cinq fois par jour ! Quelle corvée. Elle n'aimait pas l'idée que son cousin Faraj puisse la voir dans cette tenue austère, avec cette manière toute particulière qu'il avait de lui sourire quand ils se croisaient dans la rue.


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