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Bréviaire du vieillard indigne

Couverture du livre Bréviaire du vieillard indigne

Auteur : Jean-Pierre Friedman

Date de saisie : 08/06/2008

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Michalon, Paris, France

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-84186-455-3

GENCOD : 9782841864553

Sorti le : 05/06/2008


  • La présentation de l'éditeur

«Peu de gens savent être vieux», disait La Rochefoucauld. Après avoir lu ce livre, vous ne serez plus dans ce cas. À notre époque de jeunisme triomphant, qui ne connaît que les rapports de force, vous refuserez d'être relégué au rang de brave «papy» juste bon à garder le chien ou les petits-enfants tout en s'excusant d'exister. Vous vous ferez craindre, donc respecter.
Que vous soyez déjà ou bientôt concerné, ce manifeste iconoclaste de la post-maturité joyeuse et vengeresse vous donnera plein de recettes, victorieusement expérimentées par l'auteur, pour prendre de l'âge sans devenir vieux.
Après Du pouvoir et des hommes et Dans la peau de Sarko, où il démystifiait le pouvoir, Jean-Pierre Friedman s'attaque avec humour et sarcasme aux nouveaux mythes de notre société faussement anticonformiste.

Jean-Pierre Friedman est docteur en psychologie, enseignant et psychothérapeute.





  • Les premières lignes

POURQUOI VOUS NE DEVEZ PAS DÉSESPÉRER

À vous, lecteur, de prendre ce qui suit comme vous l'entendez, d'en extraire la substantifique moelle, comme le disait Rabelais le bien nommé puisqu'il préconisait de profiter de tous les plaisirs de la vie après Villon qui avertissait de le faire pendant qu'il était encore temps.
Mais le divertissement n'empêche pas le sérieux. Tout au plus, il le camoufle.
De nombreux penseurs, et pas des moindres, de Montaigne à Coluche, en passant par d'autres plus ou moins illustres, ont consacré quelques réflexions et, dans le meilleur des cas, quelques boutades à ce thème essentiel, du moins pour ceux dont les bougies coûtent plus cher que le gâteau d'anniversaire. Nous leur donnerons large­ment la parole.
Pour Sainte-Beuve, la vieillesse est le seul moyen qu'on ait trouvé pour vivre longtemps.
Encore ne faut-il pas confondre vivre et durer.
Selon l'ancien Grec Sénèque (grande figure morale née deux siècles avant Jésus-Christ) : «L'essentiel est l'emploi de la vie, non sa durée... Personne ne se soucie de bien vivre, mais de vivre longtemps, alors que tous peuvent se donner le bonheur de bien vivre, aucun de vivre longtemps.» Sauf nous, c'est-à-dire moi, et vous si vous me faites confiance.
Vous apprendrez aussi à être fier de votre état.
Dans les cultures traditionnelles, et encore aujourd'hui dans certains pays d'Afrique et d'Asie, «l'Ancien» est choyé, écouté et respecté.
Et c'est justifié. Schopenhauer le dit : «Seul celui qui vieillit a une représentation complète et juste de la vie en la découvrant dans sa totalité et son cours naturel.»
Nos sociétés décadentes, régentées par un jeunisme vulgaire et triomphant, l'ont oublié. Aveuglées par leur foi en la modernité, elles ne veulent plus reconnaître l'importance de notre expérience. Pourtant, «celui qui a survécu à deux ou trois générations se trouve dans le même état d'esprit que le spectateur qui, assis dans une baraque de saltimbanques, à la foire, voit les mêmes farces répétées deux ou trois fois de suite...», disait Schopenhauer.


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