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Le soleil se couche à Sao Paulo

Couverture du livre Le soleil se couche à Sao Paulo

Auteur : Bernardo Carvalho

Traducteur : Geneviève Leibrich

Date de saisie : 13/11/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Bibliothèque brésilienne

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-86424-658-9

GENCOD : 9782864246589

Sorti le : 21/08/2008


  • La présentation de l'éditeur

A São Paulo, un soir, la propriétaire d'un restaurant japonais aborde l'un des derniers consommateurs et lui demande : "Vous êtes écrivain ?" Cette question inattendue va transformer le client en narrateur d'une histoire vertigineuse qui débute dans le Japon de la Seconde Guerre mondiale et se poursuit aujourd'hui au Brésil. Setsuko raconte un banal triangle amoureux : une danse de mort entre une jeune fille de bonne famille, le fils d'un industriel et un acteur ambigu et obscur. Puis, progressant tortueusement vers son centre secret, la trame dévoile une autre intrigue faite d'arrogance et d'humiliation, dont les racines plongent dans l'histoire du Japon en guerre et ses conséquences sur l'émigration japonaise au Brésil. Peu à peu le narrateur prend conscience que ce récit, concernant un paria, un cousin de l'empereur et l'écrivain Junichiro Tanizaki, est aussi sa propre histoire d'émigré japonais de deuxième génération, fondée sur l'humiliation et l'exil. Il ira jusqu'au bout de cette narration surprenante qui est aussi sa seule chance de rédemption.

Bernardo Carvalho est né à Rio de Janeiro en 1960. Il est écrivain et journaliste, et vit à São Paulo. Il est l'auteur, entre autres, de Aberration, Mongolia et Neuf nuits. Ses livres sont traduits dans 10 langues.





  • La revue de presse Sébastien Lapaque - Le Figaro du 12 novembre 2008

Un million de descendants d'émigrés japonais vivent à Sao Paulo. Le romancier brésilien Bernardo Carvalho dépeint magnifiquement cette communauté qui n'oublie pas d'où elle vient...
Comme dans Neuf Nuits, évocation du destin réel et rêvé de l'anthropologue américain Buell Quain, mort au coeur de l'Amazonie en 1939, Bernardo Carvalho se révèle un merveilleux peintre d'ambiance, doué pour distiller l'angoisse et le mystère..
Dense et magnifique.


  • La revue de presse Philippe Lançon - Libération du 23 octobre 2008

Quand le soleil se couche à São Paulo, il se lève à Osaka. Ce n'est pas une raison pour dormir, semblent répondre les personnages de Bernardo Carvalho. Ils avancent masqués, comme des créatures rêvées, comme sur une scène de théâtre japonais. Le roman qu'on va lire et qu'ils racontent, écrivent ou lisent, les démasque peu à peu...
Si l'on est sérieux, on dira qu'il s'agit d'un roman sur le Japon, le Brésil, le voyage, la confusion des sentiments, la mémoire enfouie des crimes de guerre, les hontes qui survivent aux exils qu'elles nourrissent, etc. Mais, le roman n'exigeant par bonheur aucun sérieux de ce genre, on dira plutôt qu'il s'agit d'un livre où l'innocence est retrouvée par le récit de mensonges successifs : par son plaisir, son intelligence, ses complications volontairement et subtilement exagérées. Le plus marquant est la célérité dans l'enchaînement qu'il s'impose et qu'il exige de son lecteur. Morale possible : les mensonges doivent aller vite pour durer longtemps dans le coeur de ceux qui les lisent.



  • Les premières lignes

Je ne vois aucune métaphore dans ce que je dis. C'est comme si tout se trouvait dans l'ombre. Il y a eu un temps où je fréquentais un restaurant obscur, qui n'existe plus, appelé Seiyoken, dans une rue mal famée du quartier de la Liberdade. La nourriture y était bonne, les prix honnêtes et le service sympathique, pour autant qu'on puisse dire, puisque nous n'en avons jamais été chassés. Il y avait presque toujours de la place et il ne m'est jamais venu à l'esprit, ni à celui de mes camarades de faculté, que le boucan que nous faisions d'habitude après quelques verres de saké et de bière puisse déranger les autres clients. Nous étions trop habités par nos convictions et trop aveugles pour réfléchir à deux fois avant d'élever la voix et de discourir sur des sujets qui n'intéressaient personne, à commencer par les serveurs, qui non seulement ignoraient le ton de nos dissensions ou, pire, de notre autosatisfaction, mais encore profitaient de ce que nous nous étranglions avec nos propres paroles pour sortir de l'ombre qui nous enveloppait et s'épaississait au fil des heures et aussi de notre ivresse (sans que nous nous en apercevions, les serveurs éteignaient progressivement les lumières) pour remplir nos verres vides sans se faire remarquer, s'assurant ainsi un pourboire plus généreux à la fin de la nuit et de notre soûlerie. Quand nous reprenions nos esprits, nous étions déjà dans le noir.
Je me souviens d'un dîner particulièrement déconcertant où quelqu'un à la table criait que sans le nazisme le monde n'aurait ni compris ni apprécié les textes de Kafka.


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