Auteur : Pierre-Louis Basse
Préface : Philippe Delerm
Date de saisie : 04/06/2008
Genre : Sports
Editeur : Table ronde, Paris, France
Collection : La petite Vermillon
Prix : 7.00 € / 45.92 F
ISBN : 978-2-7103-3072-1
GENCOD : 9782710330721
Sorti le : 29/05/2008
Pierre-Louis Basse retrace cette demi-finale de Coupe du monde perdue par la France face à l'Allemagne. Un match où tous les éléments de la tragédie étaient réunis.
«Plus jamais ils ne joueraient aussi juste que dans cette prolongation qui leur était promise. Plus jamais ils n'auront accumulé autant de haine et en même temps de détachement à l'égard de leur métier.
» Cette nuit de Séville 82. C'était une nuit très claire. Chaude. Une nuit décidée à suspendre tous les sommeils. Rocheteau et Platini ont engagé. Ils ne savaient pas encore que c'était pour la vie.»
P-L. B.
Journaliste et écrivain, Pierre-Louis Basse est l'auteur de plusieurs récits salués par la critique : Ma ligne 13 (Le Rocher, 2003), Guy Môquet, une enfance fusillée, (Stock, 2007), 19 secondes 83 centièmes (Stock, 2007) et Guy Môquet au Fouquet's (Les Equateurs, 2007). Il anime deux émissions sur Europe 1, Faites comme chez vous et Bienvenue au Club.
Préface de Philippe Delerm.
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Séville, 8 juillet 1982
C'en est trop. Vous, je ne sais pas comment vous faites, mais moi, je me retire dans le silence de la salle de bains.
Jean ROUAUD, écrivain, prix Goncourt 1990.
J'ai cessé d'aimer le football le 8 juillet 1982. En fin de soirée. Un peu avant minuit...
Plus tard - journaliste sportif - on s'est réconcilié tous les deux. Mais le mal était fait. J'avais abandonné sur le parquet d'un pavillon de la banlieue sud tout ce qui pouvait bien se ficeler de passion, d'amour, et de chagrin mêlés dans le corps et l'esprit d'une fin d'adolescence. Combien étions-nous, ce jeudi soir très tard, à faire le serment de ne plus jamais remettre les pieds de l'autre côté du Rhin ?
J'entends encore ces quelques mots, tandis que le ballon frappé par Horst Hrubesch venait à peine de s'immobiliser dans les filets de Jean-Luc Ettori. Cette voix un peu cassée qui disait : «Voilà... C'est fait... Par cinq tirs au but à quatre, l'Allemagne est en finale de la Coupe du monde...»
Cette boule de douleur dans la gorge...
Et comme pour mieux affûter le couteau qui fait saigner la plaie, cette voix en rajoutait : «Ah, c'est dur... très dur !»
8 juillet 1982. Je sais bien. Vous savez tous aussi bien que moi...
Pourtant, on ne sait pas toujours à quel point certains événements demeurent capables de poser leurs grosses pattes sur le chemin d'une vie. Comme les fers aux pieds des bagnards. On dit qu'une fois retirés, les anciens prisonniers continuent longtemps
- parfois jusqu'à la mort - de traîner les pieds. Je traîne les pieds depuis le 8 juillet 1982. Avec moi
- j'en suis convaincu - plusieurs millions de supporters inconsolables.
Plusieurs millions, ça fait du bruit...
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