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La Maison Barbedienne : correspondances d'artistes

Couverture du livre La Maison Barbedienne : correspondances d'artistes

Auteur : Florence Rionnet

Date de saisie : 31/05/2008

Genre : Sciences humaines et sociales

Editeur : Ed. du CTHS, Paris, France

Collection : CTHS-Format, n° 65

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-7355-0666-8

GENCOD : 9782735506668

Sorti le : 29/05/2008


  • La présentation de l'éditeur

La Maison Barbedienne, fondée en 1834, fut l'une des plus importantes entreprises de bronzes d'art en France au XIXe siècle. Le fondateur de la Maison, Ferdinand Barbedienne (1810-1892), s'associa dès 1838 à Achille Collas (1795-1859) - l'inventeur du procédé de réduction mécanique des statues - et sut donner une extension considérable à la production des petits bronzes d'édition. Son succès reposa en grande partie sur sa politique et sa stratégie commerciales. Son choix d'un répertoire «académique» proche du goût dominant répondait aux exigences d'une clientèle bourgeoise à la recherche de valeurs sûres. Il parvint ainsi avec ses successeurs à se démarquer de la concurrence et à s'octroyer la collaboration des sculpteurs vivants les plus en vogue, tels Antonin Mercié ou Paul Dubois. Cette correspondance, émanant d'une centaine d'artistes (pour l'essentiel ceux que la Maison éditait), nous informe sur les transactions et les accords conclus entre eux et l'éditeur, sur leurs liens avec les praticiens (dont Frédéric Houdriésar, chef de l'atelier de réduction de la Maison à la fin du XIXe siècle) et Achille Collas, sur les désaccords aussi parfois. Autant d'échanges qui nous livrent des informations de première main sur la constitution du répertoire, sur les relations entre la Maison Barbedienne et les sculpteurs de son temps. Enfin, de la flagornerie au règlement de compte, de l'obstination à la résignation, de la menace au chantage, c'est tout l'éventail des rapports humains qui transparaît dans cette correspondance et qui éclaire d'un jour assez cru les rapports entre art, industrie et commerce.

Florence Rionnet, conservateur des musées de Dinan, diplômée de l'École du Louvre, a soutenu en 2006 à l'Université de Paris-Sorbonne (Paris-IV) sa thèse de doctorat sur Le Rôle de la Maison Barbedienne (1834-1954) dans la diffusion de la sculpture aux XIXe et XXe siècles. Considérations sur les bronzes d'édition et l'histoire du goût. Auteur d'un ouvrage paru en 1996 sur L'Atelier de moulage du musée du Louvre (1794-1928) et de plusieurs articles sur la sculpture d'édition et l'histoire du goût, elle poursuit aujourd'hui ses recherches dans cette discipline.



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  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

Finissez vite ces deux bustes que j'accepte ; mettez-y toute la fraîcheur de votre ciseau, jetez de la jeunesse à pleines mains sur ces deux visages, et je vous promets de leur faire une bonne réception, s'ils arrivent fin octobre ou commencement de novembre, je leur ferai une splendide exposition derrière une de mes glaces sur un fond de velours éclairé par une seule lumière disposée tout exprès, (extrait d'une lettre de Ferdinand Barbedienne au sculpteur Auguste Clésinger, 20 juillet 1856)

La Maison Barbedienne, fondée en 1834, fut l'une des plus importantes entreprises de bronzes d'art en France au XIXe siècle. Le fondateur de la Maison, Ferdinand Barbedienne (1810-1892), s'associa dès 1838 à Achille Collas (1795-1859) - l'inventeur du procédé de réduction mécanique des statues - et sut donner une extension considérable à la production des petits bronzes d'édition. Son succès reposa en grande partie sur sa politique et sa stratégie commerciales. Son choix d'un répertoire «académique», proche du goût dominant, répondait aux exigences d'une clientèle bourgeoise à la recherche de valeurs sûres. Il parvint ainsi avec ses successeurs à se démarquer de la concurrence et à s'octroyer la collaboration des artistes vivants les plus en vogue, tels Antonin Mercié ou Paul Dubois. Sa présence régulière aux Expositions universelles et les nombreuses récompenses qu'il y reçut favorisèrent l'extension de l'entreprise qui comptait plusieurs centaines d'ouvriers au début de la Troisième République. Cet âge d'or prit fin au tournant du siècle lorsque la petite sculpture industrielle perdit peu à peu son attrait face à l'émergence de nouvelles exigences d'«originalité» de la part de la clientèle et de contrôle de la part des sculpteurs. Gustave Leblanc-Barbedienne (1849-1945), neveu et successeur de Ferdinand, et Jules (1882-1961), fils de Gustave, ne parvinrent pas, malgré leurs efforts, à donner une nouvelle impulsion à l'entreprise qui disparut en décembre 1954, victime de la morosité économique (suite à la crise de 1929 et à la Guerre) et surtout de la désaffection générale pour le bronze d'art et pour les valeurs qu'il véhiculait.


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