Auteur : Karin Slaughter
Traducteur : Paul Thoreau
Date de saisie : 17/10/2008
Genre : Policiers
Editeur : Grasset, Paris, France
Collection : Grand format
Prix : 20.90 € / 137.10 F
ISBN : 978-2-246-72501-5
GENCOD : 9782246725015
Sorti le : 04/06/2008
2006. Le détective Michael Ormewood, en patrouille dans les bas-fonds d'Atlanta, découvre le cadavre d'une jeune prostituée sauvagement assassinée, la langue arrachée d'un coup de dents.
1986. John Shelley se réveille après une soirée d'étudiants mouvementée à côté de sa petite amie - morte, la langue tranchée... Il vivra l'enfer derrière les barreaux, pour un crime dont il n'a aucun souvenir.
Vingt ans plus tard, à sa sortie de prison, Shelley est poursuivi par un mystérieux maître chanteur et trouve le réconfort auprès d'une jeune inspectrice infiltrée dans le milieu des prostituées.
Et quand survient le rebondissement le plus stupéfiant qu'on ait lu depuis longtemps dans un thriller, ces trois intrigues convergent pour n'en faire plus qu'une, en un triptyque diabolique à l'issue aussi imprévisible qu'inexorable.
Pour son sixième roman, Karin Slaughter, au sommet de son art, a créé un univers où se conjuguent la noirceur de Seven et les trouvailles délicieusement glaçantes du Silence des agneaux. Un chef-d'oeuvre du genre.
Karin Slaughter a grandi dans une petite ville du Sud de la Géorgie et vit à Atlanta. Après Mort aveugle (2005), Au fil du rasoir (2004), A froid (2005), Indélébile (2006) et Sans foi ni loi (2007), tous publiés chez Grasset, Triptyque ouvre de façon magistrale un nouveau chapitre dans l'oeuvre d'un des plus grands noms de la littérature policière d'aujourd'hui.
5 février 2006
L'INSPECTEUR MICHAEL ORMEWOOD roulait sur DeKalb Avenue, direction le Grady Homes, en suivant le match de football à la radio. Plus il se rapprochait de ces cités, plus il sentait monter la pression et, quand il prit à droite pour pénétrer dans ce que plus d'un flic considérait comme une zone de guerre, son corps en tremblait presque, sous le coup de la tension nerveuse. A mesure que l'Office du logement d'Atlanta se résorbait dans une lente autodissolution, les cités subventionnées comme le Grady se transformaient peu à peu en résurgences du passé. L'immobilier de centre-ville prenait trop de valeur, les pots-de-vin potentiels étaient trop élevés. Au bout de cette avenue, c'était la banlieue chic de Decatur, avec ses restaurants à la mode et ses maisons à plusieurs millions de dollars. Et, à moins d'un kilomètre et demi de là, dans la direction opposée, on avait la coupole dorée à la feuille du capitole de l'Etat de Géorgie. Le Grady, qui trônait entre les deux, c'était un peu le fruit de la politique du pire, le vivant rappel que cette capitale, qui se prétendait depuis si longtemps «trop vivante pour céder à la haine raciale», était aussi trop occupée pour veiller sur les siens.
Avec le match qui battait son plein, les rues étaient presque désertes. Les dealers de drogue et les maquereaux avaient pris leur soirée pour voir se réaliser un miracle : les Atlanta Falcons en lice pour le Super Bowl. Comme on était dimanche, les prostituées étaient encore de sortie, à gagner leur vie, tâchant de fournir aux fidèles de l'église matière à confessions pour la semaine prochaine. Michael passa devant quelques-unes de ces filles, qui le saluèrent d'un geste de la main, et il leur rendit leur salut, en se demandant combien de véhicules banalisés s'arrêtaient par ici au milieu de la nuit, les flics de patrouille racontant au Central qu'ils s'accordaient une pause de dix minutes, avant de faire signe à une fille de s'approcher, histoire de s'offrir un petit défoulement.
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