Préface : François Mathieu
Traducteur : François Mathieu
Date de saisie : 29/05/2008
Genre : Poésie
Editeur : L. Teper, Paris, France
Collection : Bruits du temps
Prix : 20.50 € / 134.47 F
ISBN : 978-2-916010-28-1
GENCOD : 9782916010281
Sorti le : 17/04/2008
Les douze poètes réunis dans ce recueil sont nés entre 1898 et 1924. Tous ont écrit dans un contexte historique tragique, celui de l'extermination des Juifs d'Europe, qu'ils ont vécue à Czernovitz, austro-hongroise jusqu'à la première guerre mondiale, puis tour à tour roumaine, soviétique, allemande. Sans former une école, ils ont constitué dans l'histoire littéraire européenne un ensemble unique que l'introduction et la traduction de François Mathieu permettent de découvrir. Rose Ausländer, Klara Blum, Paul Celan, David Goldfeld, Alfred Gong, Alfred Kittner, Alfred Margul-Sperber, Selma Meerbaum-Eisinger, Moses Rosenkranz, Ilana Shmueli, Immanuel Weissglas, Manfred Winkler.
François Mathieu est né à Reims en 1941.
Germaniste, auteur, critique littéraire, il est également traducteur
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Il a rassemblé douze poètes juifs de langue allemande qui ont en commun d'être nés entre 1898 et 1924, d'avoir vécu à Czernowitz, ville de l'ancien Empire austro-hongrois. A part celui de Paul Celan, et peut-être de Rose Ausländer, les noms et les oeuvres de ces poètes sont inconnus des lecteurs français. Tous ont vécu "dans un contexte historique tragique, celui de l'extermination des Juifs d'Europe". Ce livre constitue donc une révélation : des mots se sont formés, des paroles vivantes sont nées au coeur des ruines, témoignant pour les disparus...
Les poèmes disent tous la plus extrême souffrance et la douceur déchirante de ce qui fut détruit. Les douze destins que raconte ce livre se croisent souvent. Parfois avec retard, comme pour Paul Celan et Ilana Shmueli, les vies se mêlent, au titre d'une référence commune à ce monde massacré. Avec ses orthographes instables, le nom de Czernowitz devient celui de ce monde et prend valeur de symbole. "Czernovitz est bien loin derrière nous/qui était fabuleuse avec ses marronniers/qui n'a pas été/mais les bougies ne cessent dans le feuillage/de changer le printemps en prière...", écrit Manfred Winkler, qui, installé en Israël en 1959, écrira : "Mon amour pour la langue allemande et sa littérature n'a pas souffert de mon passage vers l'hébreu." Cet "amour", commun aux douze poètes, est la plus haute et la plus belle réponse à la destruction programmée et exécutée dans cette même langue.
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