Auteur : Fernando Baez
Traducteur : Nelly Lhermillier
Date de saisie : 05/06/2008
Genre : Histoire
Editeur : Fayard, Paris, France
Prix : 28.00 € / 183.67 F
ISBN : 978-2-213-63484-5
GENCOD : 9782213634845
Sorti le : 12/03/2008
«Là où l'on brûle les livres, on finit par brûler des hommes». C'est par cette citation de Heinrich Heine que débute cette passionnante et terrifiante enquête sur l'histoire de la destruction des livres, de l'Antiquité à nos jours. Fernando Báez remonte à l'anéantissement des tablettes sumériennes, évoque le saccage de la bibliothèque d'Alexandrie, les grands classiques grecs disparus, l'obsession d'«uniformité» de l'empereur chinois Shi Huangdi, les papyrus brûlés d'Herculanum, les abus de l'Inquisition, la censure d'auteurs tels que D.H. Lawrence, James Joyce ou Salman Rushdie, les autodafés des nazis...
Traduit en douze langues, cet ouvrage érudit d'un passionné de la première heure, passionnant de bout en bout, démontre que, loin d'être détruits par ignorance, les livres sont anéantis par volonté d'effacement de la mémoire et de l'histoire, c'est-à-dire de l'identité des peuples.
Fernando Báez, essayiste et poète vénézuélien, s'est rendu en 2003 en Irak après l'invasion nord-américaine, en tant que membre des différentes commissions d'investigation sur la destruction des bibliothèques et des musées. Il fait aujourd'hui partie du Centre international d'études arabes et est conseiller de divers gouvernements sur la destruction des biens culturels.
Dans un livre un peu étrange - en raison de la matière qu'il rassemble et de la façon dont il l'organise - mais bien informé, un essayiste et poète vénézuélien, Fernando Báez, met en parallèle ces mythes et la volonté bien réelle, constante, universelle, de destruction des livres au cours de l'histoire. Comme si la précieuse dignité des livres avait sa face noire, peinte avec les cendres des bûchers où l'on n'a jamais cessé de brûler des livres. Cela est vérifiable, d'Alexandrie à Sarajevo et à l'Irak, dont une grande part du patrimoine historique et littéraire fut saccagée en 2003, au moment de la chute de Saddam Hussein. Témoin de ces dernières mises à sac - elles n'eurent pas lieu qu'à Bagdad -, l'auteur brosse le tableau des autodafés qui scandent les temps anciens et modernes.
Lecteurs sensibles, amoureux des livres, subtils bibliophiles : s'abstenir ! Le «pavé» de Fernando Baez peut inspirer aux dévots des mots un découragement sans rivages. À peine l'écriture était-elle inventée, en Mésopotamie, que commençait le sale travail des acteurs sinistres du «bibliocauste», cet acharnement à détruire, à brûler, à effacer la mémoire des peuples et des civilisations. Cinquante-cinq siècles que cela dure !...
Le résultat de son travail est cette accumulation de désastres, ce relevé d'épisodes connus (Alexandrie, les autodafés de 1933 en Allemagne) ou méconnus qui ont scandé l'histoire de la pensée, de la philosophie, de l'histoire, de la poésie. Une longue et lente tragédie, toujours recommencée. Depuis l'aube de l'écriture, il n'est pas un pays pas une civilisation, pas un empire qui ait été épargné par la destruction des livres. Et pas un empire, non plus, qui n'ait voulu marquer sa domination par la destruction des oeuvres témoignant du passé des civilisations soumises.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli