Passion du livre - tout sur le livre : Jeudi saint

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Jeudi saint

Couverture du livre Jeudi saint

Auteur : Jean-Marie Borzeix

Date de saisie : 06/06/2008

Genre : Histoire

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : Bleue

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-234-06160-6

GENCOD : 9782234061606

Sorti le : 14/05/2008


  • La présentation de l'éditeur

Le 6 avril 1944 un détachement de soldats allemands traquant les résistants, nombreux dans la région, investit une bourgade du centre de la France. Soixante ans après, la population se souvient que ce jour-là quatre paysans du canton ont été pris en otages et fusillés. Mais ces événements en cachent d'autres, enfouis depuis longtemps.
Plutôt qu'un énième témoignage sur la guerre, Jeudi saint apporte un autre éclairage sur les enchevêtrements de l'oubli et de la mémoire ainsi que sur la mise en oeuvre de la Shoah dans les campagnes françaises.

Jean-Marie Borzeix est né dans le Limousin pendant la dernière guerre. Journaliste, il a été notamment directeur de France Culture.





  • La revue de presse Alice Ferney - Le Figaro du 6 juin 2008

Pour décrire un temps et un pays perdus, l'auteur a trouvé une écriture limpide et ­souvent heureuse. On hésite à donner un genre à son texte. Il faut comprendre en tout cas que, sous cette couverture, ce n'est pas un roman. L'auteur y passe volontiers du récit au commentaire. Il traque les partis pris inconscients, les options d'indifférence jusque dans les livres d'histoire et les registres expurgés. Ses remarques sont d'ordre historique, sociologique, personnel, et philosophique. Il y a ici peu de pathos, une sorte de sécheresse qui limite le récit aux faits, sans emphase et sans dramatisation personnelle. C'est une neutralité narrative qui n'est pas d'un artiste, mais d'un homme cultivé à qui le souffle d'une action a donné la matière d'un texte.


  • La revue de presse - La Croix du 28 mai 2008

Mais voici qu'a surgi Chaïm, un juif assigné à résidence à Bugeat, avec des centaines d'autres réfugiés et pourchassés éparpillés dans la campagne limousine. Aide-coiffeur et bon garçon, «le» Chaïm jouait aussi du violon. Mais le salon de coiffure était aussi une plaque tournante de la Résistance locale. On imagine la suite quand débarquèrent les camions vert-de-gris. Borzeix a retrouvé sa tombe, avec sa Table et son étoile de David. Il a rameuté ses enfants depuis Haïfa et le Tennessee, pioché les archives, salué les Klarsfeld, hanté Yad Vashem, assemblé le puzzle, étoile jaune sur coutil bleu. Et pris sa plume. Courez lire la suite, d'un mémorial l'autre, quand les passés s'apaisent, las de s'être tant chevauchés et interpellés. Quand les hêtres du Plateau s'empourprent. C'est «bath», comme disaient alors les petits garçons de Bugeat.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 8 mai 2008

Or c'est en réveillant la tragédie de Bugeat qu'il a découvert, caché derrière le monument aux morts, effacé de l'histoire locale, oublié de tous, un autre drame, pourtant concomitant : l'exécution, par ces mêmes nazis, d'un jeune résistant juif, Haïm Rozent, alias Chaïm, alias Jem, qui refusa, sous la torture, de désigner les maquis environnants, et dont la tombe, au fond du cimetière de LEglise-aux-Bois, portait un numéro de téléphone à Haïfa. Commence alors une enquête qui conduit Borzeix en Belgique, Pologne, Israël, à Paris, Berlin et dans les archives du fort de Charenton. Pièce après pièce, il reconstitue le puzzle éparpillé, la généalogie enfouie, le destin brisé de ce juif de Corrèze et de tous les autres, qui ont combattu les Allemands quand ils ne furent pas déportés, et auxquels nul, avant Borzeix, n'avait pensé à célébrer le courage, à graver les noms, à fixer les visages.


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