Auteur : Mary Gaitskill
Traducteur : Suzanne V. Mayoux
Date de saisie : 05/06/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-87929-560-2
GENCOD : 9782879295602
Sorti le : 03/04/2008
Dans les années 80, Alison a connu son heure de gloire comme mannequin à New York. Mais le rêve a tourné court et s'est transformé en ballade de la dépendance. La drogue, l'argent facile et les succès éphémères l'ont détruite.
Vingt ans plus tard, Alison subsiste à New York en faisant quelques heures de ménage chez un ancien amant. Elle replonge dans le tourbillon de ses souvenirs. L'enfance, les relations avec son père, l'amitié rédemptrice avec l'excentrique Veronica, morte du sida... Tout revient, tout s'entremêle. Alison nous entraîne à sa suite dans ce «conte de fées pour adultes» brillant et pervers.
Née en 1954, Mary Gaitskill appartient à la nouvelle «génération perdue» américaine, celle de Bret Easton Ellis et Jay Mclnerney. Critique de rock, chroniqueuse pour The Village Voice, elle publie fréquemment des nouvelles dans The New Yorker. Veronica est son deuxième roman.
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Veronica n'est pas le sujet de Veronica. Veronica est un personnage central du roman de Mary Gaitskill, «un croisement entre Marlene Dietrich et Emil Jannings», mais il n'est pas question d'elle tout le temps. Il est question, essentiellement, d'Alison. Alison a 46 ans, une hépatite C, un fond de fièvre, un bras fichu ; elle transporte aspirine, codéine, bouteille d'eau, et un parapluie rouge du Moma. Il pleut, le roman commence avec la journée d'Alison et se terminera avec elle. Elle s'en va faire le ménage, comme chaque semaine, dans les bureaux d'un amant d'avant. Elle est à son tour «laide et malade», ombre d'elle-même, «vestige de tout ce qu'il croyait désirer» et qu'elle exsude encore. Si elle comprend ça, c'est grâce à Veronica, à qui elle pense souvent, qui est morte du sida il y a une vingtaine d'années. Veronica n'est pas le sujet des réflexions d'Alison, elle en est le nom de code, la clé, le blason.
Mary Gaitskill publie peu mais bien : son nouveau roman, truffé de références autobiographiques, décrit des marginaux sur le fil de la vie. Un chef-d'oeuvre d'un bouleversant réalisme...
Massivement salué aux Etats-Unis par la critique, Veronica a été classé par le New York Times parmi les cinq meilleurs livres de fiction de 2005, et sélectionné cette même année pour le National Book Award...
Veronica aurait tout aussi bien pu s'intituler «Portrait d'une enfant déchue», comme le somptueux film de Jerry Schatzberg où Faye Dunaway incarne un mannequin dépressif. On sort de ces pages bouleversé, la gorge nouée, persuadé que Mary Gaitskill a eu raison d'aller puiser dans ses propres souvenirs pour mieux restituer une époque faussement désinvolte, insuffler autant d'intensité et de justesse à des héroïnes marginales qui n'arrivent jamais vraiment à se couler dans le moule. Welcome back, chère Mary !
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