Auteur : Lucette Finas
Date de saisie : 09/05/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Gallimard, Paris, France
Collection : Blanche
Prix : 14.90 € / 97.74 F
ISBN : 978-2-07-012108-3
GENCOD : 9782070121083
Sorti le : 10/04/2008
La dent du renard est un roman en trois parties, à l'enseigne du remords. La morsure physique infligée par la dent de l'animal à l'enfant Spartiate voleur et receleur, la re-morsure, symbolise le retour du regret chez celui ou celle que hante le souvenir de sa faute. Chacune des trois parties met en scène une source de remords : dans la première, la non-participation, pendant la guerre, à une forme de Résistance et, face au délire sanglant du nazisme, la honte d'avoir échappé à d'abominables souffrances. Dans la deuxième partie, un manquement à la mère malade peut avoir accéléré sa mort. Ces deux sources de remords, collective et individuelle, publique et privée, resurgissent dans la troisième partie pour une issue inattendue et fabuleuse.
Six personnages évoluent ainsi dans cette ronde : un monstre raffiné, deux filles étourdies, deux mères sacrifiées, un abbé en rupture de ban et sauveur, sans oublier la narratrice, présente en chacun d'eux.
Lucette Finas, professeur d'université, est l'auteur de romans, notamment L'échec et Le Meurtrion, de nouvelles. Une mère à réparer, et d'essais, parmi lesquels La crue.
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Une insolente jeunesse. Une capacité d'invention formelle, stylistique, qui devrait laisser pantois et jaloux bien des jeunes écrivains pressés d'apparaître comme les représentants de leur génération. Née en 1921, auteur d'une oeuvre critique et littéraire aux contours singuliers, Lucette Finas est dans cette position décalée et marginale qui lui permet toutes les audaces. Et d'abord celle de la vérité. Il y a quatre ans, dans Parlez-moi de vous ! (éd. Farrago-Léo Scheer, "Le Monde des livres" du 7 mai 2004), elle détournait allègrement, avec une "sincérité en éruption perpétuelle", le genre autobiographique. Mais c'était bien "à la racine de l'horrible" que l'allégresse d'écriture et une liberté sans protection devaient mener. Une liberté non pas entravée mais portée par un scrupule infini. Alimentée par l'obsédante question de la responsabilité personnelle et par un remords torturant. D'une certaine façon, avec La Dent du renard, ce surprenant roman, la "racine" est atteinte. Mais si l'"horreur" est rendue visible à celui qui lit comme à celle qui écrit, c'est seulement "en énigme", comme dirait saint Paul. Car ce n'est pas une démonstration, et pas davantage un spectacle qui est monté sur les trois scènes successives du roman. Et si, comme chez Diderot, ce dévoilement doit emprunter les voies de la dramatisation et du théâtre, c'est parce que l'artifice se fait ici propédeutique.
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